
Traiter au tarissement, quoi de plus banal… et parfois, l’affaire pourtant tourne au drame quand apparaît une mammite aiguë, de type "colibacillaire", et que plusieurs des vaches traitées la veille (ou l’avant-veille) sont atteintes, meurent ou avortent. Ces cas catastrophiques sont heureusement peu fréquents, mais les GDS bretons ont choisi d’en parler car ce fléau estival pourrait facilement être évité avec quelques gestes simples.
Infection en salle de traite
C’est en infusant la crème intra-mammaire dans le trayon que l’éleveur infecte sa vache. Si les bactéries introduites dans le pis après la dernière traite ne sont pas trop méchantes (colibacille "ordinaire"), il faut reprendre la traite et réaliser un traitement sur les conseils de son vétérinaire. Si par malchance, on introduit dans la mamelle des bactéries plus agressives, la mammite peut être incurable. En été, les vaches taries sont remises à l’herbe, et c’est au pâturage que l’on se trouve confronté à la catastrophe : cette dernière est due à la pullulation de bactéries pseudomonas (ou klebsiella) dans les seaux de lavettes contenant des "savons désinfectants" non efficaces sur ces bactéries. Certains désinfectants ne tuent que les bactéries les plus sensibles, et les bactéries "à la peau dure" résistent. Résultat : l’été, quand la température est élevée, les seaux de lavettes peuvent devenir en quelques jours de véritables "bouillons de culture".
Prévention en six points
Pour prévenir ces cas, les GDS préconisent une méthode en six points, dont la réalisation d’une analyse d’eau annuelle (car ces bactéries vivent dans les canalisations), le respect nécessaire des procédures de lavage de la machine à traire et le redoublement de vigilance en été.
Les trois autres points constituent des gestes clés à intégrer dans ses habitudes. En effet, en plus des mammites après tarissement, les lavettes mal désinfectées peuvent être à l’origine de mammites colibacillaires en lactation en plein été, quand il fait beau, sec et que les vaches couchent dehors ! Il s'agit donc :
- d'utiliser des désinfectants actifs sur pseudomonas pour la désinfection des lavettes (ou d'adopter la méthode de pré-trempage si les trayons des vaches sont propres) : les désinfectants ne sont actifs que si les lavettes sont propres. Les produits à base d’acide peracétique, de peroxyde d’hydrogène et d’alcalin chloré constituent la référence d’efficacité à trouver avec son distributeur.
- de réaliser, après la dernière traite et avant de commencer les opérations habituelles d’hygiène précédant l’injection intramammaire, une désinfection des trayons par pulvérisation, trempage liquide ou sous forme de mousse. Laisser le produit agir 30 secondes puis essuyer avec un papier "essuie-tout".
- de réaliser l’infusion intramammaire selon la notice : le lavage des mains ou le port de gants jetables (latex, vinyl) est indispensable pour garantir l’hygiène de l’injection. Il s'agit, ensuite, de désinfecter le bout du trayon avec une serviette alcoolisée (pour compléter les précautions), de procéder à l’injection intra-mammaire et enfin de terminer par un trempage des trayons.
Les GDS de Bretagne
Photo : Il est primordial d'utiliser des désinfectants actifs sur pseudomonas pour la désinfection des lavettes.