Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 22 | Article n°8612 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 01 juin 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Côtes d'Armor (22)
Chambre d’agriculture / Session du jeudi 10 juillet - Un débat entre élus empreint de sérénité
 

Outre le dossier de présentation du Grenelle de l’environnement qui relevait plus de la présentation que d’une prise de position, les élus avaient limité leurs délibérations à l’OCM légumes et à l’évolution annoncée de la politique laitière dans le cadre du bilan de santé de la Pac.
La délibération sur les légumes a repris la position de la zone légumière et du Cerafel pour le maintien d’une organisation régionale, avec pouvoir de décision pour les producteurs, réfutant la proposition d’AOP nationales  par produit. Sur le lait, Martine Mell, (Coordination Rurale), a seulement regretté qu’elle ne soit pas plus offensive sur le prix. La délibération a cependant été adoptée à l’unanimité, autour de deux axes : le maintien d’outils de gestion des marchés et la maîtrise de la production.

De la production mais pas de revenu

C’est en fait l’intervention de Thierry Thomas, (Confédération Paysanne), qui aura alimenté une part non négligeable du débat. Il s’est appuyé sur les chiffres du tableau de l’économie bretonne 2007 pour interpeller l’assemblée. « Alors que les actifs bretons ont produit 30 % de plus que la moyenne nationale, le revenu par actif ne dépasse pas 11 300 euros, contre 21 000 euros au niveau national. Ce qui situe la Bretagne au dernier rang ». Dès lors il regrette la demande faite par les Jeunes Agriculteurs de relever le niveau du revenu minimum à atteindre pour accéder aux aides à l’installation.
Dans sa réponse, Patrice Binet, président des Jeunes Agriculteurs, a simplement rappelé que la politique voulue par sa structure est la réussite des installations. Rappelant les difficultés de certains secteurs, il plaide pour des projets bien cadrés pour que des jeunes démarrent sur des bonnes bases. « Fixer un objectif de revenu à 5 ans au niveau 1,25 fois le SMIC ne me paraît pas choquant ».  

Dur de répercuter les hausses

Deuxième interrogation de Thierry Thomas : « Face à l’augmentation du coût des matières premières, des secteurs intégrés (volailles) ont pu répercuter des augmentations de prix à la consommation, alors que le prix du porc, pourtant majoritairement aux mains d’outils coopératifs, est resté « scotché ».
Paul Auffray, secrétaire général de la FNP, ne conteste pas cette difficulté de la filière porcine, mais relativise dans la  mesure où la hausse des matières premières est intervenue après une bonne période de cours engendrant une forte augmentation des volumes. « Le rapport offre/demande n’était pas en faveur de la production. La distribution et le secteur de la transformation en ont profité ». Propos plus nuancés de Jean-Jacques René, responsable porc, qui juge que toutes les entreprises n’ont pas fait ce qu’il fallait. « Ce sont les éleveurs qui ont payé ».
De la à dire que c’est une concentration de l’offre qui réglera tous  les problèmes. « Sûrement pas », expliquent les représentants de la coopération. Philippe Saliou (CEB)   rappelle que « malgré la domination d’un acteur au Danemark, c’est dans ce pays que la décapitalisation de la production est l’une des plus forte ». De même Vincent Lenoir (Cooperl), estime que « les restructurations permettront plus de peser sur les prix de revient que sur la Grande distribution, très concentrée ».

La suppression des Zes

Le troisième point soulevé par le représentant de la Confédération Paysanne concerne l’environnement et l’éventualité de la suppression des Zes. S’il reconnaît le nécessaire toilettage et la simplification, il se montre réservé sur une remise à plat totale qui pourrait rapidement relancer une course aux plans d’épandage, d’autant que les normes phosphore sont annoncées pour fin 2008.
L’avis exprimé par Jean Pierre Le Bihan, responsable environnement, est également nuancé sur une suppression des Zes, sans quelques garde-fous  sur l’accès au foncier. « Surtout pas la loi de la jungle ». Par contre il s’interroge sur les obligations de traitement des déjections organiques, alors que des éleveurs sont contraints d’acheter de l’azote minéral. « Cela manque singulièrement de cohérence».
Dans sa conclusion, Olivier Allain, président, a rappelé les objectifs professionnels dans le cadre du bilan de santé de la Pac, insistant sur la possibilité de recoupler les aides, outil d’orientation des productions, ainsi que sur le plafonnement indispensable, « sans quoi la durabilité des aides publiques lui paraît menacée ». Il veut également que la réflexion s’engage sur le dossier énergie, pour par exemple, obtenir des simplifications administratives pour ceux qui utilisent de l’huile végétale pure. De même il estime que la Recherche appliquée doit s’intéresser rapidement à l’évolution des systèmes, plus économes en intrants et en énergie.

Pierre Dénès

Photo : Philippe Rey, préfet, Olivier Allain, président de la Chambre, Stéphane Gouaut, directeur.


Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 18 au 24 Juillet 2008
Imprimer l'article Imprimer l'article



Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)