
L ’été approche. Les bovins en pâture recyclent les parasites depuis la mise à l’herbe à partir des œufs ou des larves de strongles digestifs qui ont résisté à l’hiver. La contamination des parcelles s'intensifie et peut aboutir, dans la région, à un risque parasitaire en fin d’été.
Le risque n’est pas équivalent pour tout le monde
Le niveau de contamination résiduelle des pâtures après l’hiver est l’un des facteurs qui conditionnent l’amplitude du pic d’infestation. Il est maximum pour une mise à l’herbe précoce, suite à un hiver doux et sur des prairies naturelles réservées aux génisses laitières. Ces dernières ne sont pas suffisamment protégées par leur immunité. Le recyclage parasitaire peut alors être important. Un premier pic de contamination des pâtures peut ainsi survenir dès début juillet.
Après une période de sècheresse, la période des pluies provoque la reprise simultanée du développement des œufs accumulés au cours de l’été. Ainsi, un second pic de contamination du pâturage peut être observé, dans notre région, fin août-début septembre en l’absence de traitement antiparasitaire.
Globalement, les facteurs suivants influent sur la contamination des pâtures :
• Le surpâturage augmente le risque parasitaire.
• Le pâturage conjoint avec des générations immunisées est bénéfique (couples mères-veaux, par ex.). Les animaux immunisés minimisent la contamination du pâturage.
• Le planning du pâturage peut favoriser le risque parasitaire.
• La météo : plus il fait chaud et humide, plus les parasites se développent.
Des cas particuliers
Le full grass : Dans nos conditions, 3 à 5 générations de strongles sont susceptibles de se succéder conduisant à un challenge parasitaire fort. Ce dernier peut entraîner des baisses de croissance voire des signes cliniques directs ou indirects. Pour éviter ce problème tout en laissant l’opportunité à l’immunité de s’établir, une prévention parasitaire sur les animaux entre la mise à l’herbe jusqu’à mi juillet peut s’avérer judicieuse.
Autres strongles
La saison de pâturage est également la période propice aux strongles respiratoires et notamment la bronchite vermineuse en cas de toux d’été.
Les mesures non médicamenteuses réduisant le niveau de recyclage parasitaire sont : l’utilisation de parcelles après récolte du fourrage, les rotations sur plusieurs parcelles avec un séjour sur chacune d’elles d’au moins 4 semaines, la mise à l’herbe tardive, la complémentation alimentaire au pâturage.
Les rotations rapides (exemple : tous les 15 jours) sur des petites parcelles n’ont pas d’effet sur l’assainissement des pâtures.
Le traitement préventif ou curatif à l’aide d’antiparasitaires doit être raisonné tant sur la date d’utilisation que sur la nature du produit.
L’utilisation du logiciel Parasit’info développé par le GDS permet de repérer la période de contamination massive des parcelles et d’anticiper sur d’éventuels risques. Ce logiciel est disponible sur Internet.
Les GDS de Bretagne
Photo : Plus il fait chaud et humide, plus les parasites se développent.