
Les mouches en salle de traite : chacun y va de ses astuces pour lutter contre ce fléau estival. Les rubans collants, les granulés jaunes ou le ventilateur ne donnent pas toujours les résultats escomptés. "Nous aussi, nous sommes passés par là", racontent Bruno Martel et Jean-Marc Riot, associés du Gaec Guimbert à Bains-sur-Oust, à la lisière de Redon.
"Nous avons également essayé la rampe avec buses de pulvérisation dans l'aire d'attente", notent les éleveurs qui produisent un quota de 520 000 L de lait en agriculture biologique. "Ça marche assez bien mais le problème, c'est l'eau. Les vaches dégoulinent et quand vous devez aller chercher plusieurs fois les vaches dans le parc, à la fin de la traite vous êtes trempés".
Créer un environnement hostile
D'où le choix du Gaec d'opter pour la brumisation. "La technique consiste à pulvériser de très faibles quantités d'eau à très forte pression", explique Philippe Latimier, agent commercial de la société CTH. "En résumé, un corps de pompe, connecté au réseau d'eau, génère une pression de 70 bars dans le circuit. Des buses espacées de 80 cm sur la rampe libèrent une brume constituée de minuscules gouttelettes de 25 microns. À cette pression, les particules d'eau éclatent ; d'autant plus rapidement qu'il fait chaud".
Ce brouillard abaisse la température du local de 6-7 °C en moyenne. "L'hygrométrie augmente dans les mêmes proportions", poursuit P. Latimier, en indiquant que ce "micro-climat frais et humide" crée un environnement hostile pour les mouches. Mouches qui fuient vers d'autres horizons…
"En juin dernier, nous avons pu mesurer la réelle efficacité du système quand les mouches se sont multipliées avec le temps chaud", indique Bruno Martel qui, même en l'absence de mouches, met systématiquement l'appareil en fonctionnement 10 mn avant l'entrée des vaches en parc d'attente. "Nous réglons le module de fréquence sur le rythme de 180 secondes de brumisation alternées de 60 secondes d'arrêt", explique l'éleveur. "Je trouve que les odeurs dégagées par les vaches sont moins fortes. L'ammoniac est piégé par les gouttelettes d'eau. On gagne en confort de travail".
4 m2 par buse
Au Gaec Guimbert, la rampe suspendue à la charpente traverse le parc d'attente de part en part dans sa partie centrale. "Le tuyau inox est équipé de 12 buses espacées de 80 cm", montre P. Latimier, avant de préciser que "l'équipement doit être installé à une hauteur minimale de 2,70 m et les buses à plus de 80 cm d'un obstacle (mur, charpente, plafond) pour éviter tout phénomène de condensation. Cette disposition permet de profiter d'une efficacité optimale de la brumisation sachant que chaque buse couvre une surface de 4 m2 ".
Pour l'heure, seul le parc d'attente de cet élevage est équipé d'un système de brumisation. "Pour la salle de traite qui est sous plafond-hourdis, nous continuons à utiliser le ventilateur pour améliorer l'aération", indiquent les éleveurs qui projettent éventuellement d'équiper la table d'alimentation pour un meilleur confort des vaches. "Avec un troupeau 80-90 vaches essentiellement nourri à l'herbe + trèfle, nous sommes amenés à pratiquer l'affouragement en vert avec l'autochargeuse. Ce qui augmente le temps de présence des vaches aux cornadis", soulignent-ils, avant de faire remarquer que cette technique permet de valoriser les parcelles en herbe les plus éloignées et d'améliorer le rendement quantitatif et qualitatif du fourrage. "L'herbe est récoltée au stade optimal, sans pertes par écrasement ou par les bouses".
Enfin, à noter qu'une pompe péristaltique permet d'incorporer différents produits dans l'eau brumisée (au taux de 0,5 % du débit d'eau). "Nous utilisons des huiles essentielles qui ont des vertus insectifuges", soulignent les éleveurs. Et qui sait si, par la même occasion, les vaches ne profitent pas d'une cure d'aromathérapie. Mais ça, c'est un autre sujet…
Didier Le Du
Photo : Bruno Martel : "Pour notre élevage conduit en agriculture biologique, la brumisation associée à des huiles essentielles contribue à lutter contre les mouches au même titre que le nettoyage et lavage complet de la stabulation une fois par an".
Coût de l'installation
La société CTH propose des rampes de 18 à 70 buses pour un prix allant de 2 000 à 5 000 € selon l'équipement. Un prix qui intègre le corps de pompe, la pompe péristaltique, le module de fréquence, la rampe inox ou PE adaptée à l'aire à couvrir, l'installation.
Contact : Philippe Latimier, 06 14 73 07 93 ou latimier.ph@wanadoo.fr