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Morbihan (56)
Maraîchage / La bio tente de séduire - 20 hectares de légumes à l'EARL du Magouero à Plouhinec
 
Le système était proche de la bio avant de débuter la conversion. Le changement des pratiques n'a pas été radical" déclare Franck, le premier des trois frères à s'être installé en 1994. L'exploitation compte aujourd'hui 25 hectares dont 10 irrigués et 6000 m2 de tunnels. Une vingtaine de légumes sont produits et vendus en magasin à Carnac ou sur sept marchés locaux. "En vente directe, les légumes n'ont pas à répondre à des normes standard. De fait, nous vendons 80% de la production".
Le sol sableux, pauvre en matière organique est amendé par apport de fumier de bovin composté, acheté dans le secteur, ou par du goémon (20 à 30 tonnes par hectare et par an). "Le goémon frais ne contient pas de sel. Nous le collectons après les coups de vent". L'amendement calcaire n'est pas nécessaire, les terres ont un ph supérieur à 7. Les rotations ne sont pas établies à l'avance. "Les cultures sont mises en place au cas par cas suivant le temps". Un mélange d'avoine et de vesce permet de couvrir certaines parcelles en hiver. 

Du matériel spécifique

L'exploitation est bien pourvue en matériels. "Les semoirs, planteuses et bineuses sont spécifiques à trois ou quatre légumes. Cela nous évite de constamment régler ou modifier les outils". Le désherbage se fait à la herse étrille, à la bineuse ou au désherbeur thermique. "En bio, il faut accepter de voir quelques adventices. Contre les maladies, nous n'avons pas trop de soucis. Les terres sont sableuses et ventées. Un de nos grands principes est de savoir laisser faire et de n'intervenir que si c'est vraiment nécessaire". Les trois associés considèrent qu'il est préférable d'accepter une perte que de traiter systématiquement en préventif en raison du coût des produits bio.

Peu de conversions

L'entreprise a un chiffre d'affaires de 160 000 € et dégage un résultat de 40 000 € pour un temps de travail évalué à 50 heures par personne en été et 30 heures en hiver. Suffisant pour convaincre des producteurs conventionnels ? En partie seulement répondent-ils pour la plupart. "Nous sommes venus voir certaines techniques toujours éventuellement bonnes à prendre. De là à passer en bio…". Les conditions de travail sont un blocage pour certains, l'interrogation sur le pouvoir d'achat des consommateurs pour d'autres. "Il faut aussi accepter les mauvaises herbes. Ce n'est pas vraiment dans notre culture". Les jeunes visiteurs sont plus enclins à franchir le pas, ce qui confirme la tendance : peu de conversions et une forte demande pour l'installation. Reste, pour ces jeunes, la problématique de l'accès au foncier. Et, pour l'Etat, celle d'atteindre les objectifs fixés lors du Grenelle de l'environnement.

Bernard Laurent

 

Photo : Une trentaine de visiteurs, répartis sur trois ateliers: plein champ, tunnels et matériel, ont échangé de manière constructive des différentes techniques utilisées sur l'exploitation.  


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Date de l'article : semaine du N° du 4 au 10 Juillet 2008
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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