
Créé en 2005, le Cicar (Comité interprofessionnel du canard à rôtir) regroupe 33 des 34 organisations de production, ce qui représente 95 % de la filière (accouveurs, fabricants d'aliment, producteurs, transformateurs). "Nous restons partisans d'une démarche globale de la filière volaille tout en défendant ardemment les considérations spécifiques à celle du canard", explique Jean Rozier, président. Le Comité a, par exemple, travaillé, cette année, sur l'utilisation des phytases dans l'alimentation, ce qui a contribué à réduire la pression environnementale sur les ateliers, en facilitant la digestion du phosphore et en limitant les rejets dans les lisiers.
3,5 kg par habitant
Contrairement aux autres viandes de volailles, la production de canard bénéficie d'un certain dynamisme. En Europe, la production (508 000 t) a augmenté de 4,8 %, en 2007. "La France réalise plus de la moitié du total européen, devant la Hongrie, avec 102 000 t de canard à rôtir et 143 000 t de canard gras", souligne Gilles Le Pottier, délégué général. La production française de canard à rôtir se distingue par la souche utilisée : le canard de Barbarie alors que les autres pays européens ont opté pour le Pékin.
Au plan communautaire, la consommation ne dépasse pas 1 kg/habitant/an alors qu'en France, elle est de 3,5 kg/habitant/an. La clientèle acheteuse est bien typée : 60 % ont plus de 50 ans et un pouvoir d'achat supérieur à la moyenne. Le canard se positionne dans les viandes "haut de gamme". Le prix des filets de canard flirte désormais avec celui des pièces de bœuf à griller.
Saisonnalité des achats
La forte hausse des prix de revient, liée à celle des matières premières, soulève d'ailleurs quelques inquiétudes dans la filière, compte tenu d'un pouvoir d'achat en baisse dans les populations plus jeunes qui constituent de nouvelles cibles. "La saisonnalité des achats est l'autre problème du canard", ajoute Jean Rozier. "C'est un produit festif, très demandé au moment des fêtes de fin d'année et beaucoup moins durant la période estivale, mais le déséquilibre tend à se réduire". Les exportations françaises (65 000 t.) ont augmenté de 24 %, notamment vers les autres pays européens. Elles constituent une composante majeure dans l'équilibre des marchés.
Patrick Bégos
Photo : Jean Rozier, président du Cicar (à droite) et Gilles Le Pottier, délégué général.
80 % des canards en Asie
L'élevage de volailles en Asie a explosé pendant la décennie écoulée. La Chine recense 70 % des canards devant la Malaisie, le Vietnam, et la Thaïlande. Plus d'un milliard de canards et d'oies sont élevées sur moins de 0,5 % de la surface du globe, le plus souvent sur parcours. Ce qui explique la vulnérabilité de cette partie du monde, vis-à-vis de l'influenza aviaire, en raison des contaminations entre oiseaux sauvages et volailles.