
Le marché porcin évolue depuis plusieurs mois dans un contexte particulièrement difficile. Et si l’amélioration des cours ces dernières semaines a permis de réduire l’écart entre prix payé et prix de revient, la crise est toujours présente. Lors de l’assemblée générale du CRP vendredi 28 juin à Plérin, Georges Douguet du service Etudes du CER France 22 a de nouveau donné quelques chiffres pour illustrer la tendance 2007/2008.
Sortie de crise possible
« 2007, s’est caractérisée par le basculement des exploitations fragiles, et le 1er semestre 2008 confirme un assèchement de la trésorerie de la moitié des exploitations porcines ». La tendance des résultats clôturés en mars/avril (170 exploitations) confirme des revenus en forte baisse, 9400 euros par UTHF environ, dont 27 % négatifs et 34 % inférieurs à 5000 euros par UTHF. Les taux d’endettement approchent les 80%. « La sortie de crise ne peut s’envisager qu’avec une combinaison d’une reprise du marché cet été, pas de décrochage trop rapide à l’automne, et une détente espérée sur le prix de l’aliment ». Pour le moment, pas de certitudes sur aucun de ces points et parfois des informations contradictoires.
D’autres éléments fournis par Jean-Pierre Joly, directeur du marché du porc méritent aussi d’être observés et suivis. Après avoir vu l’Europe des 15 à son plus haut niveau de production, il est constaté une tendance forte à la décapitalisation du cheptel truies. Les premières prévisions annoncent une décapitalisation quasi générale comprise entre – 2 % en Allemagne et en France , – 5 % pour le Danemark ou l’Italie, et jusqu’à -12 à -13 % en Pologne et République Tchèque, Hongrie et Pologne. Soit une baisse supérieure à 4 % pour l‘ensemble de l’Union européenne. Des chiffres récents donneraient même une réduction du cheptel encore plus forte dans ces derniers pays et aussi en Espagne qui serait au-dessus de – 8%.
Sans doute ces chiffres méritent aussi d’être interprétés avec une certaine prudence (ce sont des prévisions) mais la rigueur de la crise partout en Europe laisse à penser que certains lâchent prise. Dès lors les éleveurs peuvent s’attendre à un peu plus de fermeté sur les marchés. Les prochains mois seront donc riches d’enseignements.
Pas le pouvoir à Paris
En tirant les leçons de la crise, Fortuné Le Calvé, le président du CRP s’interroge sur l’attitude des céréaliers. S’il ne leur reproche pas de se satisfaire de prix élevés, la rétention à but spéculatif, rend méfiant vis à vis de toutes propositions qu’ils pourraient être amenés à faire. Conscient d’être dans un monde où chacun défend ses intérêts, il appelle à serrer les rangs pour que l’action collective bénéficie aux producteurs. Réfutant certaines idées comme la contractualisation. Il appelle aussi de ses vœux des modifications dans le fonctionnement du MPB, notamment sur les modalités de définition du prix de retrait.
Il a conclu sur la réforme de l’organisation porcine. Il plaide pour la simplification par notamment « la réorganisation régionale sur le socle économique OP qui regroupe en porc 99,7% de la mise en marché et la mise en place d’une seule structure avec présence conjointe du syndicalisme, des OP, d’Uniporc et du MPB ». Il entend en outre garder la maîtrise du budget et des cotisations en Région. Et se refuse d’envisager « un schéma complexe alliant une structure de gouvernance à Paris qui décide et des structures en Région qui exécutent, n’ayant pour seule mission que de récolter des fonds et de gérer la colère des paysans lorsque cela va mal ».
Pierre Dènès
Photo : Fortuné Le Calvé, président du CRP et Jacques Crolais, directeur.
Sortie de crise possible
« 2007, s’est caractérisée par le basculement des exploitations fragiles, et le 1er semestre 2008 confirme un assèchement de la trésorerie de la moitié des exploitations porcines ». La tendance des résultats clôturés en mars/avril (170 exploitations) confirme des revenus en forte baisse, 9400 euros par UTHF environ, dont 27 % négatifs et 34 % inférieurs à 5000 euros par UTHF. Les taux d’endettement approchent les 80%. « La sortie de crise ne peut s’envisager qu’avec une combinaison d’une reprise du marché cet été, pas de décrochage trop rapide à l’automne, et une détente espérée sur le prix de l’aliment ». Pour le moment, pas de certitudes sur aucun de ces points et parfois des informations contradictoires.
D’autres éléments fournis par Jean-Pierre Joly, directeur du marché du porc méritent aussi d’être observés et suivis. Après avoir vu l’Europe des 15 à son plus haut niveau de production, il est constaté une tendance forte à la décapitalisation du cheptel truies. Les premières prévisions annoncent une décapitalisation quasi générale comprise entre – 2 % en Allemagne et en France , – 5 % pour le Danemark ou l’Italie, et jusqu’à -12 à -13 % en Pologne et République Tchèque, Hongrie et Pologne. Soit une baisse supérieure à 4 % pour l‘ensemble de l’Union européenne. Des chiffres récents donneraient même une réduction du cheptel encore plus forte dans ces derniers pays et aussi en Espagne qui serait au-dessus de – 8%.
Sans doute ces chiffres méritent aussi d’être interprétés avec une certaine prudence (ce sont des prévisions) mais la rigueur de la crise partout en Europe laisse à penser que certains lâchent prise. Dès lors les éleveurs peuvent s’attendre à un peu plus de fermeté sur les marchés. Les prochains mois seront donc riches d’enseignements.
Pas le pouvoir à Paris
En tirant les leçons de la crise, Fortuné Le Calvé, le président du CRP s’interroge sur l’attitude des céréaliers. S’il ne leur reproche pas de se satisfaire de prix élevés, la rétention à but spéculatif, rend méfiant vis à vis de toutes propositions qu’ils pourraient être amenés à faire. Conscient d’être dans un monde où chacun défend ses intérêts, il appelle à serrer les rangs pour que l’action collective bénéficie aux producteurs. Réfutant certaines idées comme la contractualisation. Il appelle aussi de ses vœux des modifications dans le fonctionnement du MPB, notamment sur les modalités de définition du prix de retrait.
Il a conclu sur la réforme de l’organisation porcine. Il plaide pour la simplification par notamment « la réorganisation régionale sur le socle économique OP qui regroupe en porc 99,7% de la mise en marché et la mise en place d’une seule structure avec présence conjointe du syndicalisme, des OP, d’Uniporc et du MPB ». Il entend en outre garder la maîtrise du budget et des cotisations en Région. Et se refuse d’envisager « un schéma complexe alliant une structure de gouvernance à Paris qui décide et des structures en Région qui exécutent, n’ayant pour seule mission que de récolter des fonds et de gérer la colère des paysans lorsque cela va mal ».
Pierre Dènès