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L'AOC fête ses 10 ans - Le Coco de Paimpol ancré à son terroir
 

Gérard Le Meur, agriculteur à Yvias (22), cultive le Coco de Paimpol depuis son installation en 1982. Ses parents en produisaient avant lui. Sur la SAU de 68 ha, le producteur cultive cette année 48 ha de céréales (et jachère), 8 ha de maïs grain, 1 ha de pomme de terre et 11 ha de Coco de Paimpol. L'EARL de deux UTH (Gérard Le Meur et sa femme) produit également des œufs "plein air" et des veaux de boucherie sur paille (360 places).

Des parcelles propres

Beaucoup de technicité et d'observation sont requises pour faire sortir de terre le capricieux haricot, intégralement récolté à la main. Payée à la tâche, la main-d'œuvre saisonnière est sensible à la propreté des parcelles. Gérard Le Meur fidélise aussi ses 20-25 saisonniers en étalant les récoltes (semis tous les 10 jours du 25 avril au 5 juillet) et en leur permettant de travailler dans de bonnes conditions (abris en cas de pluie…). Le plumage des Coco se fait de fin juillet à mi-octobre sur son exploitation.
Pour conserver des parcelles propres, le producteur ne multiplie pas pour autant les interventions phytosanitaires. "Sur sol nu, trois passages de pulvérisateur suffisent en général, suivis d'un ou deux binages. Le principal est d'intervenir au bon stade", explique le producteur. Certaines parcelles en terres légères sont paillées, ce qui limite les traitements et permet de maintenir une réserve en eau au sol. Le ramassage des bâches est par contre une contrainte et les pluies d'orage peuvent être fatales à la levée en début de culture.

Les semis dans les temps

 

Pour optimiser la culture du Coco, le producteur actionne différents leviers : des rotations adéquates intégrant du blé, du triticale, du maïs, de l'avoine (couvert), apport adapté de matières organiques, labour ou non labour, profondeur de semis selon le sol… La maîtrise des charges est toujours gardée en ligne de mire. Le producteur réalise en grande partie lui-même ses semences, à l'aide d'une petite moissonneuse qu'il a modifiée.
L'an passé, les semis ont été perturbés par la pluie, mais les rendements étaient au rendez-vous sur l'exploitation de Gérard Le Meur. La valorisation également a suivi : 1,40 euro/kg en moyenne. Pour 2008, les semis ont été réalisés dans les temps. La météo décidera en partie du reste.

Agnès Cussonneau

Photo : Gérard Le Meur, agriculteur à Yvias, cultive le Coco de Paimpol sur une dizaine d'hectares chaque année.

 480 producteurs

Haricot demi-sec à écosser, il est présenté dans sa gousse jaune pâle, marbrée de violet. Le grain doit être blanc, de forme ovoïde, avec un épiderme de très faible épaisseur. Le Coco de Paimpol délivre un goût particulier : nuances florales et fruits secs. En 2008, les 480 producteurs vont fêter les 10 ans de l'AOC (Appellation d'origine contrôlée) qui autorise une production sur 84 communes du Trégor – Goëlo. En 2007, les emblavements ont chuté à 1200 ha contre 1400 ha les années précédentes. Le rendement moyen n'était que de 4,6 tonnes/ha (5,9 tonnes/ha en 2006). La fête du haricot aura lieu cette année sur le port de Paimpol le dimanche 3 août, à partir de 10 h 30.




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Date de l'article : semaine du N° du 4 au 10 Juillet 2008
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