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EVEN / Contractualisation : “un avenir à imaginer” - Une volonté de muscler l'amont
 
C'est une bonne chose que le dérèglement du marché laitier soit intervenu avant la fin des quotas". Guy Le Bars, président d'Even, y voit en effet une occasion de mieux préparer les 2 000 adhérents du groupe à la sortie programmée du contingentement laitier et à la volatilité des prix qui touche aujourd'hui ce secteur agricole. D'autant que la campagne écoulée a montré que les éleveurs laitiers en avaient sous le pied : 60 % des adhérents ont réalisé plus que leur quota dans la limite des 15 % (320 000 L en moyenne). Le mouvement s'est poursuivi au 2e trimestre 2008. "Nous avons eu trop de lait. En revanche, nous craignons pour la fin août".

Contractualisation : “un avenir à imaginer”

Difficile quand on est industriel de gérer ces à-coups de trop plein et de trop peu de marchandise. C'est pourquoi la contractualisation n'est pas un gros-mot dans la bouche des responsables de la coopérative. "Une production débridée ne sera dans l'intérêt de personne", pense G. Le Bars qui parle "d'avenir à imaginer". Et d'ajouter : "Nous avons un vrai travail d'information et de formation à faire avec les adhérents".
La révision de la grille de paiement du lait s'annonce comme une obligation pour équilibrer les flux de lait sur l'année. Sa révision apparaît également incontournable pour mieux coller aux marchés. "D'accord pour répercuter le lissage sur un an, mais après il faudra bien se décider", dit Guy Le Bars. Des propos appuyés par Christian Couilleau, directeur général, qui pointe "le décalage entre le prix payé au producteur et le marché. C'est très difficile de faire passer les hausses", observe-t-il, indiquant que le groupe a provisionné une partie des résultats 2007 pour faire face à ces différences.
L'autre levier de la compétitivité repose sur la valorisation des produits laitiers qui représentent 39 % du chiffre d'affaires du groupe. "L'an dernier, nous avons vendu plus, mieux et plus cher (+ 17 % de chiffre d'affaires)", résume le directeur qui voit là "le fruit d'une politique d'investissement industriel et d'innovation menée depuis de nombreuses années". L'année 2008 s'inscrit dans cette ligne de poursuite des investissements. Vingt millions d'euros sont programmés pour l'exercice en cours. Avec toujours cet objectif de quête de valeur ajoutée. C'est ce que les dirigeants appellent "muscler l'amont".

Didier Le Du

Photo : Christian Couilleau, directeur général, à gauche, et Guy Le Bars, président du groupe Even depuis un an. 


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Date de l'article : semaine du N° du 27 Juin au 3 Juillet 2008
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