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Morbihan (56)
PORC / Le bien être animal : thème du forum Pigalys - Des éleveurs satisfaits de la mise en groupe des truies
 
Depuis la mise en groupe, les truies sont moins sauvages. Elles recherchent le contact. La relation avec les animaux est différente" affirme Benoît Raguénes, éleveur à Ploumoguer dans le Nord Finistère. "Il faut se libérer des appréhensions liées au bien être". Comment ? "En effectuant des visites en élevage et en discutant avec des spécialistes de la conception des bâtiments". La réflexion a démarré en 2005. Le passage de 140 à 200 truies a coïncidé avec l'installation de son fils Fabien. La mise en service de la nouvelle structure a eu lieu en 2007.
L'EARL Raguénes a choisi le système de réfectoires, dos à dos, avec une courette d'exercice commune, qui permet de bloquer les truies. Un passage d'homme dans les barrières permet d'accéder rapidement aux cases d'à côté. Depuis les modifications, les performances se sont maintenues au même niveau. "Les avortements et les morts-nés ne sont pas plus nombreux. Au contraire, les mises-bas sont plus rapides. Je suppose que c'est lié à la tonicité des truies". Les truies, au sevrage, sont regroupées par gabarit. Les bagarres ne sont pas trop importantes et cessent rapidement une fois la hiérarchie constituée. Les cochettes sont conduites à part.

Vaccins faciles à réaliser

Les réfectoires font 65 cm de largeur. Le nombre de barres au-dessus est limité et suffisamment en avant de la cage pour faciliter l'accès à l'encolure de la truie. "Les vaccins sont faciles à réaliser. Le réfectoire laisse un petit passage à l'arrière et sa largeur est suffisante pour se placer à côté de la truie". Le temps de travail est identique. "Il n'y a plus de raclage derrière les truies. Il faut quand même nettoyer un peu les courettes car les truies restent la plupart du temps allongées dans les réfectoires. Passé les premiers jours, elles ne bougent plus beaucoup et les déjections peuvent s'accumuler".
L'alimentation n'est pas non plus un problème. Les rations n'ont pas été augmentées. "D'une manière générale, ce n'est pas nécessaire. La dépense énergétique n'est pas nettement supérieure. Il est toujours possible d'individualiser la ration en bloquant une truie et en rajoutant un peu d'aliment sec sur la soupe".
Michel Lespert, éleveur à la Trinité Porhoët dans le Morbihan a également témoigné lors du forum. Chez lui le système en bat flanc donne entière satisfaction. "Les truies sont calmes et se déplacent facilement. Ça participe aussi au bien-être de l'éleveur" déclare-t-il satisfait d'une conduite en groupe qu'il a toujours pratiqué.

Bernard Laurent

 

Photo : Guillaume Jousset, vétérinaire, a apporté des éclaircissements sur les dossiers liés au bien être animal: castration (voir PB du 11 avril 2008), transportabilité et truies en groupe, lors du forum Pigalys vendredi dernier.  

Le dossier épineux de la transportabilité

"Seuls les animaux aptes à supporter le voyage prévu peuvent être transportés". Tel est le règlement. Les animaux blessés ou affaiblis ne sont pas considérés aptes. Incapables de se mouvoir, victimes de prolapsus ou de blessures ouvertes, gestantes de plus de 102 jours: ces animaux doivent être mis à part dans l'élevage. Le transporteur ne peut en aucun cas les mener à l'abattoir. Certains animaux maigres, hernieux ou légèrement blessés peuvent néanmoins être transportables. En cas de doute, il faut remplir un document d'accompagnement avec identification de l'animal. Dans le cas contraire, le détenteur encoure une sanction pénale selon la gravité de l'état de l'animal. "Il faut un cadre juridique acceptable pour tout le monde. Il faut une solution pour nos animaux non transportables" demande Henri Le Gléau, vice président de Pigalys. La solution, c'est l'euthanasie. Personne ne s'avance pour offrir une solution digne à l'éleveur…et soulager l'animal. D'ailleurs le terme d'euthanasie est proscrit. Il faut parler "d'abattage technique à la ferme".



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Date de l'article : semaine du N° du 27 Juin au 3 Juillet 2008
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