
Dans le Morbihan, les Cuma récoltent aujourd'hui 5 % des surfaces emblavées. En Vendée, la proportion atteint 50 % (35 % des moissons). La marge de progression est donc grande dans le département, alors même qu'historiquement, la moisson et l'ensilage ont fait partie des activités fondatrices de plusieurs groupes. C'est partant de ce constat, que les responsables de la FD Cuma ont organisé une table ronde sur la question, lors de l'assemblée générale le 20 juin à Mauron.
Parmi les Cuma invitées à témoigner, la Cuma La Printanière (Questembert) récolte au total 350 ha de maïs et 120 ha d'herbe en employant trois personnes à plein temps. Récemment, la question du renouvellement du matériel s'est posée et la Cuma a investi dans une ensileuse 8 rangs. Objectif : disposer de matériel récent, nécessitant donc peu de réparations, et susceptible d'être bien revendu.
Rapprochements utiles
Parfois, la solution passe par un rapprochement (et pas une fusion) entre Cuma. C'est le cas par exemple pour la Cuma La Néantaise (Néant-sur-Yvel), qui pratique l'échange de chauffeur avec une autre Cuma, certains de ses adhérents faisant partie des deux groupes. De son côté, la Cuma l'Ével (Remungol), qui travaille en chantier complet depuis plus de 20 ans et qui récolte 270 ha de maïs, fait appel aux salariés d'une autre Cuma pour une partie de ses travaux. La solution a l'avantage de régler l'épineuse question de la main d'œuvre, surtout quand la plupart des adhérents sont installés en individuel. Au sein de la Cuma, le coût reste compétitif : 210 euros/ha chantier complet.
Le coût compétitif est également l'une des priorités de la Cuma du Scorff (Inguiniel), qui regroupe une trentaine d'adhérents. "128 euros/h en ensilage d'herbe, ramené à la tonne de matière sèche, c'est très compétitif", témoigne l'un de ses membres. La priorité de la Cuma est donc de garder ces tarifs avantageux ainsi que la bonne qualité de hachage permise actuellement.
Un rôle à trouver
Autant d'exemples à mettre en avant, pour la FD Cuma 56, qui souhaite enclencher une réflexion sur la création de Cuma de récolte cet hiver. "Revendiquons notre place dans la récolte, a lancé le président de la FD Cuma Michel Le Roch. Nous avons un rôle à jouer." Et d'évoquer la possibilité pour les Cuma de se regrouper, l'extension de territoire permettant de récolter des variétés de précocités différentes. "Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais nous pouvons rapprocher les agriculteurs sur le sujet", a insisté Michel Le Roch.
Anne-Laure Lussou
Photo : Les participants à la table ronde sur les chantiers de récolte, autour du président de la FD Cuma (au centre), Michel Le Roch.
Cuma Bretagne : en 2011
L'AG a également été l'occasion d'évoquer le projet de création d'une fédération de Cuma Bretagne. "Un bureau régional est constitué", a expliqué le président Michel Le Roch, avant de préciser que le regroupement en lui-même aurait lieu plutôt en 2011 qu'en 2008 comme indiqué initialement.