Les formules sociétaires représentent près de la moitié des exploitations agricoles en Ille-et-Vilaine. "Et les installations en société concernent les trois quarts des installations aidées sur les cinq dernières années", a quantifié Yves Chénedé, conseiller à l'Adasea 35. "On note une prédominance du Gaec, utilisé dans 66% des installations sociétaires en 2007". Si les Gaec Parents-Enfants (ou beaux-parents) représentent encore 56% des installations en Gaec en 2007, les Gaec entre tiers prennent de plus en plus d'importance : 23% en 2007 contre seulement 5% en 2004. L'installation en Gaec se réalise le plus souvent par apport d'une exploitation reprise à un tiers par le JA. Par contre, les remplacements d'associés progressent.
Jean-Luc Fossé, président de l'Adasea 35, évoque une autre tendance : le nombre de dissolutions et de modifications de Gaec en hausse. "Nous devons nous préparer à des mouvements d'associés importants dans les années à venir. Beaucoup de problèmes découlent du fait que le capital familial n'est pas séparé du capital d'entreprise", souligne le président. D'où le thème choisi cette année pour l'assemblée générale de l'Adasea, le 18 juin à Rennes, "Installation – Transmission : de nouveaux défis à relever". L'installation par entrée dans une société est une voie à explorer, en particulier pour les futurs JA non issus du milieu agricole. Les responsables de l'Adasea soulignent également l'importance de chercher pour demain des formules d'installations plus progressives, compte tenu des montants élevés pour une reprise globale.
Repérage 5 ans avant le départ
Exposant les outils existants au niveau de la transmission, Hélène Amouriaux, conseillère Adasea, donne également quelques pistes souhaitables d'amélioration. "Le dispositif Dica (Déclaration d'intention à la cessation d'activité) permet un repérage des cédants deux ans avant la retraite. Il faudrait passer à cinq ans", souligne-t-elle dans un premier temps. Autre outil, le RDI (Répertoire Départemental à l'Installation) permet de rapprocher candidats et cédants. "On observe toutefois un décalage entre l'offre et la demande, notamment sociétaire. La gratuité du dispositif depuis début 2008 va peut-être permettre d'augmenter les propositions de petites exploitations". Le crédit transmission, qui permet une vente progressive avec avantage fiscal, est peu utilisé, car peu incitatif.
Comment fonctionne la société
Conseiller transmission à l'Adasea du Maine-et-Loire, François Maroy s'attache dans un premier temps à décoder le discours des offreurs, en dehors de la dimension technique et économique. "Quelles sont les causes de la recherche, les motivations ? Il faut découvrir l'histoire de l'exploitation, son ancrage. Comprendre le fonctionnement de la société au quotidien est également très important : les responsabilités, la communication, le partage des résultats… Il sera ensuite plus facile de proposer un candidat qui correspond au mieux".
Le conseiller ajoute qu'il n'est pas forcément nécessaire de tout remettre à plat, mais il est essentiel de bien définir le futur emploi : poste clair, responsabilité établie, rémunération garantie… "C'est également important d'accompagner le candidat pour la première mise en relation". Pour Nathalie Macé, présidente de JA 35, il serait intéressant de rendre obligatoire des journées de formation pour tous les futurs associés. "Les dissolutions sont davantage dues à des problèmes d'entente qu'économiques", rappelle-t-elle.
Agnès Cussonneau
Photo : De gauche à droite : Nathalie Macé (présidente de JA 35), Jean-Luc Fossé (président de l'Adasea 35), Jean Cézard (DDAF) et François Maroy (conseiller transmission à l'Adasea 49).
2007 en chiffres
- 177 installations aidées (1er département depuis 3 ans). 82% des installés ont une référence laitière.
- 174 bénéficiaires du 1er versement de la DJA : 12 480 euros de montant moyen.
- 177 dossiers de prêt jeunes agriculteurs : montant moyen de 100 200 euros.
- 125 jeunes se sont inscrits au RDI.