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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°8541 |
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LAIT / Dans l’Ouest français - Une bonne aptitude à répondre aux signaux du marché
 
Les mécanismes de gestion de la production devraient tenir compte de la capacité des régions à produire" affirme Jean Claude Guesdon, responsable du département Economie à l'institut de l'élevage. La Bretagne a montré, cet hiver, qu'elle pouvait répondre à une augmentation de la demande. A l'inverse, d'autres régions françaises, dont la production s'amenuise chaque année, ont manqué de réactivité.

Valorisation des surfaces herbagères

Le système herbager est indépendant du prix du pétrole. "Même si, paradoxalement, la Pac défavorise la production à l'herbe depuis son origine, on peut penser que la valorisation du système herbager dans notre région est un atout". Ce système est, selon Jean-Claude Guesdon, un moyen de produire de la protéine animale (lait ou viande) de manière économe, avec peu de céréales et de tourteaux. L'autonomie relative du système permet une bonne maîtrise des charges opérationnelles depuis quelques années (aliment, appros, frais d'élevage). La densité laitière de la Bretagne est forte et la restructuration rapide des exploitations, ces cinq dernières années, démontre la réactivité de la profession. Avec 300 000 litres livrés par exploitation, la région se situe au-dessus de la plupart des régions françaises. Elle reste bien en dessous des pays de l'Europe du Nord: 800 000 litres environ au Danemark, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni. "Le modèle breton n'est pas mort pour autant. Le producteur de la région travaille essentiellement pour lui. Les producteurs du Nord de l'Europe travaillent pour leurs banquiers". Le modèle américain ne tient, selon lui, que grâce à la main d'œuvre mexicaine qui s'échine 22 heures sur 24 à la traite. Au rayon des atouts, Jean-Claude Guesdon insiste sur l'importance d'un marché européen de 350 millions d'habitants, au fort pouvoir d'achat et d'une demande mondiale en forte hausse.

Une politique de régulation interprofessionnelle

Les perspectives sont encourageantes. La vigilance s'impose toutefois. Les négociations internationales conduisent à la suppression des mécanismes de régulation du marché. "La baisse des droits de douane pourrait être actée en juillet au moment même ou le Farm Bill américain propose un recouplage des aides et renforce les mécanismes de soutien". En interne, il faudra, selon lui, instaurer une politique de régulation interprofessionnelle pour éviter une volatilité trop importante des prix et des revenus.

Céréales et productions animales: le déséquilibre

Le déséquilibre de résultats par actif entre les systèmes de production animales et de grandes cultures est dangereux : respectivement 20 000 € (en lait), et 55 000 €. Le développement des agrocarburants, "trop soutenus fiscalement", offre de nouveaux débouchés pour les céréaliers et accroît la concurrence sur les surfaces. Ce développement peut déstabiliser certaines filières. "En Italie, les engraisseurs de jeunes bovins pourraient durablement choisir de produire des céréales plutôt que d'engraisser des animaux". L'impact du coût de l'énergie sur le coût de production va doubler. Si les charges opérationnelles ont été bien maîtrisées jusqu'à présent, les charges de structure ont beaucoup augmenté. "Les mises aux normes des bâtiments paraissent légitimes en terme d' environnement et de conditions de travail. Il n'en est pas de même pour la mécanisation. Ces charges représentent 30% du coût de production. Beaucoup d'exploitations sont suréquipées". Jean Claude Guesdon considère que des gains sont également possibles en terme de productivité. "Dans beaucoup d'autres pays européens, le quota par actif est plus élevé. Les producteurs sont spécialisés sur l'atelier lait et délèguent plus facilement les travaux de culture". La menace principale est peut-être, plus simplement, la difficulté à faire passer une hausse des prix à la consommation.

Bernard Laurent

Photo : Jean-Claude Guesdon, responsable du département Économie à l'institut de l'élevage, lors de l'AG de Bretagne Contrôle Laitier Morbihan


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Date de l'article : semaine du N° du 27 Juin au 3 Juillet 2008
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