
Nés dans le sillage des mutuelles coups durs et initialement basés sur le bénévolat, les services de remplacement se structurent. Dix ans après ses premiers pas, Finistère Remplacement s’inscrit dans le cadre de cette professionnalisation du métier.
Le 18 juin, à Quimper, lors de l’assemblée générale de la fédération départementale, la signature de la charte qualité des services de remplacement a écrit noir sur blanc cette volonté des Finistériens d’offrir un service de qualité aux agriculteurs. Une première au niveau du Grand-Ouest qu’entend bien valoriser Finistère Remplacement en faisant savoir que "les salariés de la structure sont des personnes compétentes, formées, opérationnelles", comme l’a résumé Michel Morvan, président départemental, qui insiste également sur "la proximité, gage d’efficacité".
Des propos qui séduisent Christophe Hervy, vice-président de la FNSR, qui parle de "mouvement précurseur, moderne, d’utilité sociale et économique". Avant de relever la position-phare du Finistère qui, avec ses 33 000 journées de remplacement, se place en tête des départements français.
Soutien aux jeunes agriculteurs
Lors du débat organisé en prolongement de la présentation de la charte, les responsables professionnels se sont relayés pour louer les services de remplacement de qualité. "Nous observons que lorsqu’il y a un pépin sur l’exploitation, la situation financière peut être fragilisée. D’où la nécessité de trouver rapidement de la main-d’œuvre capable de poursuivre l’activité", a insisté Marie-France Marchal, présidente de la MSA, indiquant que "la mutualité prend partiellement en charge la cotisation pendant les deux premières années d’installation pour donner de bonnes habitudes aux jeunes".
Un message appuyé par Jean-Marie Mingam, président de JA 29, qui apprécie cette professionnalisation dans un contexte "d’excellence imposée à chaque exploitation". Et de rappeler l’aspect "qualité de la vie" recherché par les agriculteurs qui
souhaitent légitimement "prendre des congés et consacrer du temps à leur famille".
Reste qu’à un âge où l’on se sent invincible, les JA ne sont pas toujours sensibilisés au remplacement. D’où cette volonté du syndicat d'inciter les jeunes à sécuriser leur exploitation en adhérant à un service de remplacement.
Solidarité du monde paysan
Gilles Tanguy, président de la commission employeur de la FDSEA, applaudit à son tour la structuration des services de remplacement "qui protègent le secteur agricole par rapport à l’avenir". "C’est vrai qu’au début, on a la santé, on pense ne pas avoir recours au service", appuie Jean-Marc Seznec, agriculteur et élu au Crédit agricole. D'autant que, quand le temps passe, "les papas retraités" ne sont plus toujours là pour remplacer.
Reste que la pérennité d’un service de remplacement ne peut être assurée qu’avec le concours des assurances collectives. "Le ratio sinistres-cotisations a été supérieur à 100. Aujourd’hui, il tend à baisser. De notre côté, nous appuyons la charte qualité qui doit contribuer à un coût acceptable de l’assurance", souligne René Plougastel, élu Groupama Bretagne.
L'aspect financier, s’il ne suffit pas à expliquer la non-adhésion de certains agriculteurs, reste en effet au cœur des préoccupations. Et Jacques Jaouen, président de la Chambre d'agriculture, de lancer un appel aux organisations professionnelles et économiques pour encourager le remplacement. "On y côtoie là une valeur forte de l'agriculture : la solidarité. Après à chacun de prendre ses responsabilités…"
Didier Le Du
Photo : Christophe Hervy, vice-président de la FNSR (au premier plan), s'est déplacé pour signer la charte de qualité des services de remplacement. Une première dans le Grand Ouest.