Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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L'inspection des plants de pommes de terre - Un maillon essentiel dans l’obtention de la qualité
 
Grâce à un schéma strict de production de plants, la filière française de pommes de terre a atteint un haut niveau de qualité. La totalité du matériel de sélection est issue de culture in-vitro et les premières étapes de multiplication sont réalisées à l'abri de toute contamination. En Bretagne, plus de 300 producteurs assurent la multiplication des plants. Les parcelles sont inspectées à plusieurs reprises durant la campagne. Emile Cloâtre, inspecteur du SOC, responsable de la pomme de terre en Bretagne, explique la façon dont travaille son équipe de 16 inspecteurs sur 4 600 ha.   

Pureté variétale et sanitaire

"Cela fait plus de 30 ans que je contrôle les plants et l'évolution du métier a été importante", confie Emile. Autrefois, les producteurs percevaient le contrôleur sous l'angle réglementaire. "Aujourd'hui, ils se sentent plus responsables de l'avenir "commercial" de leurs plants et l'inspecteur est devenu un maillon indispensable dans la filière pour obtenir des semences de qualité".  Le règlement technique du ministère de l'Agriculture stipule que toute semence ou plant certifié doit répondre à critères de pureté sur le plan variétal et sanitaire. Pour circuler dans la région et à l'étranger, tout plant de pomme de terre doit être muni de son passeport phytosanitaire. C'est le cœur du métier d'inspecteur du SOC (Service officiel de contrôle), agréé pour certifier la qualité des semences ou plants.

Contrôle des parasites

Sur le terrain, un inspecteur a en charge environ 300 ha de plants. "De mai à août, il effectue au minimum 3 notations sur les plants de base (les futures générations) et 2 sur les plants certifiés (commercialisables)". Il vérifie l'identité variétale, la généalogie, l'absence de mélanges de plants. Il contrôle les parasites influant sur qualité (jambe noire, les maladies à virus, rhizoctone, verticilliose…) et les parasites dits de quarantaine (nématodes et maladies bactériennes).  
"Le contrôle se fait par sondage dans la parcelle (au minimum 4 fois 100 plants) après avoir réalisé un tour complet de la culture. Puis fin août, après défanage complet, on prélève un échantillon de préculture, pour contrôler les virus, en visuel ou par tests en laboratoire". Durant la phase de stockage, d'autres contrôles et tests sont effectués avant de délivrer le passeport phytosanitaire. Les refus d'agrément par le SOC portent sur 1 à 2 % des surfaces totales.

Des contacts humains

"C'est un métier très riche en contacts humains, dans un milieu très pointu au niveau technique et très réactif. Tout le monde se connaît, dans la filière française de plants", résume Emile. Les producteurs spécialisés sont bien conscients de l'intérêt d'avoir des plants sains, qui lèveront et pousseront bien chez les clients. "Mais, avec l'augmentation de la surface moyenne par producteur, les enjeux financiers sont aussi plus lourds. D'où parfois du stress pour le producteur, s'il apparaît un problème sanitaire sur une culture".    
Bretagne Plants, qui regroupe 5 syndicats bretons, a un rôle d'accompagnement technique des producteurs. Cette organisation, mise en place en lien avec l'interprofession, permet de prendre en compte les besoins des agriculteurs ainsi que les exigences et l'évolution du marché des plants. C'est un atout qui permet à la production française de se démarquer de ses concurrents.

Patrick Bégos

Photo :  De gauche à droite, Pierre Billant, producteur de plants et président du syndicat Bretagne Ouest et Emile Cloâtre, inspecteur responsable de la pomme de terre en Bretagne.

Quatre bassins de production

En 2007, 312 agriculteurs bretons ont produit du plant de pomme de terre sur 4 652 ha (15 ha par producteur). La production est concentrée dans 4 bassins : le nord-Finistère (2 950 ha), le bassin de Pontivy (1 040 ha), le sud-Finistère (300 ha) et le centre des Côtes d'Armor (370 ha). La production bretonne a atteint 115 000 t de plants dont 60 000 t. ont été exportées vers les pays du sud.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 27 Juin au 3 Juillet 2008
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