
Conscients des limites de la structure actuelle qui impacte les conditions de travail, les associés du Gaec ont mûri un projet de réfection de la salle de traite et de l'aire paillée. « La salle de traite est suffisante pour 70 vaches laitières. Au delà, la traite devient fastidieuse » confie Alain Jan, associé de la société. Cette salle de traite (en 2 x 6 sans décrochage automatique) nécessite la présence de deux trayeurs pendant deux heures environ. Avec 80 vaches en temps normal et 93 en début d'année, en raison de la rallonge de quota de 15%, la coupe semble pleine. Le litrage accordé, 90 000 litres, a été produit sans difficulté. « Nous avions le nombre de vaches suffisant. Nous avons forcé un peu en concentré ». (1170 kilos par vache sur l'année précédente, 1400 kilos cette année). Les associés avouent, par contre, avoir souffert des conditions de travail. Les deux heures supplémentaires quotidiennes de traite ont marqué les esprits. L'exiguité de l'aire de couchage, prévue pour une soixantaine de laitières, a accru les difficultés. « Nous avons conservé des vaches qui, sans rallonge de quota, auraient été réformées. Les leucocytes ont dépassé la barre fatidique au mois de mars. Nous avons subi des pénalités ». Une première depuis longtemps sur cet élevage. L'insuffisance de paille, liée à la mauvaise récolte de 2007, n'a rien arrangé.
Cohérence du système
L'exploitation a des atouts. « Nous disposons de suffisamment de capacité de stockage d'effluents sur nos deux ateliers, lait et porc. La place à l'auge est suffisante. La surface accessible aux laitières est importante ». Le parcellaire est groupé. 65 hectares sont accessibles aux laitières. De fait, la surface de culture et notamment de maïs est limitée (20% de la SFP). Le Gaec fait appel à la Cuma pour le travail du sol, les semis de céréales et les récoltes. « Nous avons peu de matériel: 3 tracteurs de 70 ch et du matériel de fenaison et d'élevage pour l'essentiel ». Le système est cohérent et induit de bons résultats économiques. L'EBE de l'entreprise, rapporté aux 1000 litres de lait, est de 310 euros avant main d'œuvre. Il représente 54% du produit total.
Une salle de traite 2x10 TPA
Les exploitants envisagent donc d'investir pour lever les facteurs limitants et profiter à plein des atouts de l'exploitation. « L'allocation des 15% de quota supplémentaire a provoqué un déclic » avoue Jean Marc Le Naour. « Nous avons décidé d'étudier les possibilités de produire plus en conservant de bonnes conditions de travail ». Les éleveurs s'orientent vers l'installation d'une salle de traite en 2 x 10 TPA. L'aire de couchage sera simplement agrandie pour porter la capacité de couchage à 100 places. Pas de folies donc dans cette exploitation où la recherche du revenu, l'équilibre et le bien être dans le travail et dans la vie de famille sont les principaux objectifs.
Bernard Laurent
Photo : De gauche à droite: Alain Jan, Jean Marc Le Naour et Daniel Le Ny. Les trois associés du Gaec ont reçu des éleveurs sur leur exploitation lors d'une journée « Gagner plus par mes produits » organisée par la Chambre d'agriculture.