
Le stockage des produits phytosanitaires est une obligation réglementaire aujourd'hui contrôlée dans le cadre de la conditionnalité Pac. La mise sous clé des produits chimiques est, au-delà d'une obligation, une nécessité pour protéger les personnes. Cédric Bouvet de Plélan-Le-Grand (35) a engagé une démarche globale pour raisonner l'aire de remplissage et le local phytosanitaire, avec l'aide de la Chambre d'Agriculture.
Une démarche cohérente
La préparation des produits se faisait près de l'atelier lait, avec des risques, en cas de débordement. "J'ai regroupé l'aire de remplissage et le local de stockage sous une travée de hangar", explique l'agriculteur. Le premier objectif est de protéger la ressource en eau en évitant tout retour vers le réseau. Plusieurs solutions sont possibles : une réserve intermédiaire entre le point d'alimentation en eau et la cuve, une potence évitant au tuyau de tremper dans la cuve, ou un clapet anti-retour. "Pour ma part, j'ai installé, au dessus du local de stockage, une réserve d'eau de 1 600 L munie d'une potence, pour sécuriser le remplissage du pulvérisateur de 1 200 L".
Le stockage des produits est réalisé dans un local fermé équipé d'étagères métalliques. "Les produits sont classés, par cultures, par type d'action (herbicides, fongicides…) et par degré de toxicité", explique Thierry Lambert, de la Chambre d'Agriculture. On peut stocker les produits sur des étagères spécifiques de la manière suivante :
- les produits classés T, T+, et CMR (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques)
- les produits classés X (non CMR) et C (Corrosif)
- les produits sans classement.
Des questions à se poser
L'utilisation d'un bâtiment existant permet de réduire le coût. "Avant de s'engager, il est souhaitable d'examiner quelques points", conseille T. Lambert. Quelle quantité maximale de produits phytos dois-je stocker ? Est-ce que je les reçois en une seule livraison ? Il est préférable de garder de la marge en cas d'agrandissement futur de l'exploitation ou de changement dans les rotations.
Armoire ou local ? "Une armoire peut suffire mais il faut suffisamment de place pour stocker des produits supplémentaires ou séparer les plus dangereux", estime T. Lambert. Faut-il prévoir le local à côté de l'aire de remplissage ? Actuellement cette dernière n'est pas obligatoire, mais il est préférable de la prévoir à proximité pour éviter les déplacements inutiles.
Une aire de remplissage étanche
Les équipements de protection des personnes doivent être rangés, hors du lieu de stockage. C'est une obligation mais aussi une évidence pratique. Il faut éviter leur contamination par d'éventuelles vapeurs de produits. Ils peuvent être rangés dans une armoire-vestiaire proche.
Chez Cédric Bouvet, l'aire de remplissage en béton permet de remplir le pulvérisateur, de préparer la bouillie sur la paillasse, de rincer les bidons. Tout est à portée de main. Réalisée sous abri et équipée d'un puisard, l'aire de remplissage étanche permet d'éviter toute fuite de produit phytosanitaire vers le milieu extérieur.
Patrick Bégos
Photo : Thierry Lambert explique le principe du puisard sur l'aire de remplissage. A l'arrière du groupe, le local de stockage des produits phytos et au dessus, la réserve d'eau de 1 600 L, munie d'une potence
Bien gérer les fonds de cuve
L'objectif est de rentrer à l'exploitation avec un pulvérisateur rinçé, propre et complètement débarrassé des résidus de pulvérisation. Le déroulement doit être le suivant : à la fin de la pulvérisation, on épand les résidus sur la parcelle après dilution avec au moins 5 fois le volume restant sans dépassement des doses maximales autorisées. Des dilutions supplémentaires seront réalisées pour atteindre un fond de cuve dilué au 1/100 par rapport à la concentration initiale. Côté matériel, cette évolution nécessite des buses de rinçage dans la cuve et surtout une capacité suffisante de la cuve de rinçage.