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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Volailles | Article n°8520 |
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VOLAILLES / Chez Isabelle et Guy Vaslon, du Vieux Bourg (22) - Deux poulaillers chauffés par les déchets de bois
 

Dans un contexte de hausse du prix du gaz, beaucoup d'éleveurs de volailles essayent de maîtriser leur dépense d'énergie. C'est le cas d'Isabelle et Guy Vaslon, du Vieux Bourg (22). Ils viennent de s'équiper d'une chaudière pour deux bâtiments à ventilation dynamique de type Colorado (1500 et 1000 m2), dont les radiants gaz étaient à changer.    

Déchets de bois d'usine

"J'ai d'abord pensé à m'équiper d'une chaudière pour brûler le fumier", explique Guy. Un dossier, présenté à l'administration, n'a pas abouti, compte tenu des normes à respecter dans la composition des fumées. "J'ai ensuite pensé au bois. Pour assurer le chauffage des 2 poulaillers, il me faut de 100 à 120 t de bois déchiqueté, soit 300 à 400 m3. J'ai l'opportunité de bénéficier de déchets de bois d'une usine proche". Le stockage se fait sur l'exploitation, en fonction des livraisons. "Périodiquement, je fais venir une ensileuse, qui travaille à poste fixe, à la porte du hangar". Approvisionnée par télescopique, elle projette les copeaux en tas dans le hangar.
À l'intérieur du hangar, est installée une chaudière à bois Perge de 220 kW. Les copeaux sont déversés dans le foyer par une vis reliée à une réserve (un ancien silo). "Un réseau de 250 m de tuyaux transporte l'eau chaude, de la chaudière aux poulaillers. Dans les bâtiments, l'eau circule dans un second réseau de 2 500 m de tuyaux plus fins, en serpentin, noyés dans une dalle béton isolée. La température de l'eau est à 45 à 50 °C au démarrage du lot et à 35°C vers 45 jours", précise Guy.

Anticiper davantage

Au début, l'approvisionnement de la chaudière en copeaux a posé quelques difficultés, qui se résolvent progressivement. La solution utilisée apporte quelques avantages. "Avec la dalle béton, il y a moins d'apports de paille, en cours de lots et donc moins de fumier. Celui-ci est plus sec et moins volumineux, d'où une réduction des frais de transport. La litière est plus saine qu'avant. Un lot de dindes a été mené sans aucun rajout de litière".
L'approvisionnement du silo en copeaux demande, en moyenne, 1 heure par mois (télescopique). Un temps largement compensé par les  rajouts plus faibles en cours de lots. Par ailleurs, le sol plat facilite les réglages de pipettes et apporte un confort de travail supplémentaire. "Dans la conduite d'élevage, il faut anticiper davantage, vu l'inertie du système de chauffage. La mise en chauffe doit démarrer 2,5 jours avant l'arrivée des poussins, pour atteindre 28 à 29 °C", déclare Isabelle. L'ajout d'aérothermes à eau chaude donnera plus de souplesse à l'installation. La suppression des radiants a aussi l'avantage de limiter les risques d'incendies (pas de gaz).

Résultats techniques identiques

Depuis 18 mois, deux lots de dindes et trois lots de poulets ont été élevés, avec le  nouveau chauffage. "Les résultats techniques sont identiques à ceux que l'on obtenait précédemment", souligne Isabelle. "L'étanchéité du poulailler peut encore être améliorée. Le chauffage ne solutionne pas tous les problèmes d'élevage".
L'approvisionnement en déchets de bois d'usine peut-il à terme poser problème ?  "Les mauvaises terres de l'exploitation pourront être plantées en saules ou miscanthus, fournissant de la biomasse pour la chaudière", répond Guy. "À raison de 5 à 6 ha et d'un rendement de 10 t/ha, ces parcelles pourraient produire 50 à 60 t par an soit 60 % des besoins annuels de bois".

Patrick Bégos 

 

Photo : La chaudière est alimentée par une vis reliée à la réserve de stockage de bois déchiqueté.


Rentable au bout de 7 ans


Compte tenu des travaux personnels (dalle béton), le coût global se situe entre 120 000 et 130 000 euros dont 70 000 euros pour la chaudière. Selon les conditions en vigueur en 2006-2007, l'ensemble a été subventionné à 45 % (cumul de plusieurs aides). Le prix de revient réel pour l'éleveur est donc de 60 à 70 000 euros. La charge sur 7 ans est de l'ordre de 12 000 euros/an, auxquels il faut ajouter 2 000 euros de broyage. C'est l'équivalent de 20 t. de gaz. La charge est comparable à celle d'un chauffage au gaz, pendant les sept premières années. Après, elle sera de l'ordre de 2 000 euros/an. Depuis cet investissement, les aides ont été modifiées. 



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Date de l'article : semaine du N° du 20 au 26 Juin 2008
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