
Dans trois semaines, Joëlle et Dominique Gouin devront gérer un élevage supplémentaire sur leur exploitation de Ste Marie, près de Redon (35). A côté des 30 vaches laitières (280 000 L), des génisses et des 105 ha, ils ont construit un atelier de 60 000 poules pondeuses aux normes bien-être. La directive européenne prévoit que les bâtiments construits actuellement, puis, l'ensemble des poulaillers de pondeuses, à partir de 2012, devront être équipés de cages aménagées de 750 cm2/poule.
Pérenniser l'exploitation
"Cette production est nouvelle pour nous", explique Dominique. "Nous voulons pérenniser l'exploitation à long terme. La production d'oeufs nous intéresse. Le projet a mis du temps à se concrétiser, nous y réfléchissons depuis 10 ans". Un premier dossier a été présenté en 1998, il n'a pas abouti pour des raisons environnementales. Puis, en 2003, l'Europe a adopté les normes bien être pour les pondeuses. "Nous avons préféré attendre que les cages aménagées soient validées avant de présenter un nouveau dossier".
Optimisation des coûts
Le second projet de 60 000 poules, en cages aménagées, a été validé en 2006. "Cette taille d'atelier constitue la taille minimale pour diluer les investissements et amortir correctement des équipements comme les têtes de chariots d'aliment, l'emballeuse ou le robot palettiseur", explique Jean-Marc Le Trionnaire, de Coopagri Bretagne.
Dans cet investissement, l'optimisation des coûts a été la priorité, par la recherche des meilleurs compromis. Le bâtiment (100 m par 15 m) est à 2 étages (poteaux de 7,30 m). "Nous avons installé 5 rangées de cages sur 2 étages de 4 niveaux soit 8 niveaux. Ce choix permet de réduire la surface au sol (dallage) et la toiture. Le bâtiment est compact et l'ambiance sera plus facile à gérer, notamment la température", déclare Dominique.
Les poules sont logées dans des cages Techno de 60 animaux, avec ouverture possible sur les 2 couloirs, ce qui facilite la surveillance. Chaque poule disposera d'une surface de 750 cm2, de 12 cm de mangeoire, de 15 cm de perchoir. Chaque cage comporte deux nids et une surface de grattage.
Un robot palettiseur
Les œufs sont acheminés par bandes en bout de poulaillers puis par descendeurs. Ils rejoignent le local de conditionnement par tapis. Le tri sera effectué par une personne. Toutes les opérations qui suivent sont mécanisées : la mise en alvéole, leur empilement puis la mise en palettes grâce au robot palettiseur. "Ce robot nous permettra de gagner du temps et d'éviter la pénibilité liée au portage des alvéoles pleines", explique Joëlle. Ce nouvel atelier mobilisera deux personnes 3 à 4 heures par jour, pour le ramassage des œufs et la surveillance des poules. Globalement, c'est l'équivalent d'une personne à temps complet.
Sur l'un des côtés du poulailler, un tunnel de 80 m permet de sécher les fientes. Les fientes sèches (85 % de matière sèche) sont entreposées dans un hangar proche dont la capacité de stockage est de 10 mois. Elles seront épandues sur les terres de l'exploitation et celles de tiers. "Au niveau sanitaire, nous avons bien séparé les circuits pour ne pas avoir de croisement de camions entre les zones propres (aliment et œufs) et les zones sales (fientes)", précise J.M. Le Trionnaire.
25 euros par poule
Le coût de l'investissement atteint 25 euros par poule. On peut considérer que le coût se répartit en trois tiers : un tiers pour le poulailler et le bâtiment de stockage de fientes, un tiers pour les cages et le tunnel et l'autre tiers pour le terrassement, l'équipement intérieur, le conditionnement.
L'ensemble est financé sur 12 et 15 ans avec, en plus, une aide à l'investissement de 4 euros par poule octroyé par Coopagri Bretagne et remboursable sur 7 ans à taux préférentiel. "L'éleveur, propriétaire de ses animaux, bénéficie d'un contrat investisseur Coopagri, avec une garantie sur la période de financement sous forme d'une marge minimale permettant de couvrir les investissements et les charges de structure", déclare J.M. Le Trionnaire.
Le second volet de l'aide, c'est l'accompagnement technique important dont bénéficieront Dominique et Joëlle pour la prise en main de l'outil. Même s'il y a un peu d'appréhension au démarrage, cette production nouvelle suscite l'enthousiasme des éleveurs. Les conditions de travail seront bonnes et les poules bénéficieront d'équipements (nids, perchoirs, grattage…) assurant un bien-être supérieur aux cages classiques.
Patrick Bégos
Photo : Le nouveau poulailler abritera 60 000 poules pondeuses sur 2 étages de 4 niveaux soit 8 niveaux de cages.
Pérenniser l'exploitation
"Cette production est nouvelle pour nous", explique Dominique. "Nous voulons pérenniser l'exploitation à long terme. La production d'oeufs nous intéresse. Le projet a mis du temps à se concrétiser, nous y réfléchissons depuis 10 ans". Un premier dossier a été présenté en 1998, il n'a pas abouti pour des raisons environnementales. Puis, en 2003, l'Europe a adopté les normes bien être pour les pondeuses. "Nous avons préféré attendre que les cages aménagées soient validées avant de présenter un nouveau dossier".
Optimisation des coûts
Le second projet de 60 000 poules, en cages aménagées, a été validé en 2006. "Cette taille d'atelier constitue la taille minimale pour diluer les investissements et amortir correctement des équipements comme les têtes de chariots d'aliment, l'emballeuse ou le robot palettiseur", explique Jean-Marc Le Trionnaire, de Coopagri Bretagne.
Dans cet investissement, l'optimisation des coûts a été la priorité, par la recherche des meilleurs compromis. Le bâtiment (100 m par 15 m) est à 2 étages (poteaux de 7,30 m). "Nous avons installé 5 rangées de cages sur 2 étages de 4 niveaux soit 8 niveaux. Ce choix permet de réduire la surface au sol (dallage) et la toiture. Le bâtiment est compact et l'ambiance sera plus facile à gérer, notamment la température", déclare Dominique.
Les poules sont logées dans des cages Techno de 60 animaux, avec ouverture possible sur les 2 couloirs, ce qui facilite la surveillance. Chaque poule disposera d'une surface de 750 cm2, de 12 cm de mangeoire, de 15 cm de perchoir. Chaque cage comporte deux nids et une surface de grattage.
Un robot palettiseur
Les œufs sont acheminés par bandes en bout de poulaillers puis par descendeurs. Ils rejoignent le local de conditionnement par tapis. Le tri sera effectué par une personne. Toutes les opérations qui suivent sont mécanisées : la mise en alvéole, leur empilement puis la mise en palettes grâce au robot palettiseur. "Ce robot nous permettra de gagner du temps et d'éviter la pénibilité liée au portage des alvéoles pleines", explique Joëlle. Ce nouvel atelier mobilisera deux personnes 3 à 4 heures par jour, pour le ramassage des œufs et la surveillance des poules. Globalement, c'est l'équivalent d'une personne à temps complet.
Sur l'un des côtés du poulailler, un tunnel de 80 m permet de sécher les fientes. Les fientes sèches (85 % de matière sèche) sont entreposées dans un hangar proche dont la capacité de stockage est de 10 mois. Elles seront épandues sur les terres de l'exploitation et celles de tiers. "Au niveau sanitaire, nous avons bien séparé les circuits pour ne pas avoir de croisement de camions entre les zones propres (aliment et œufs) et les zones sales (fientes)", précise J.M. Le Trionnaire.
25 euros par poule
Le coût de l'investissement atteint 25 euros par poule. On peut considérer que le coût se répartit en trois tiers : un tiers pour le poulailler et le bâtiment de stockage de fientes, un tiers pour les cages et le tunnel et l'autre tiers pour le terrassement, l'équipement intérieur, le conditionnement.
L'ensemble est financé sur 12 et 15 ans avec, en plus, une aide à l'investissement de 4 euros par poule octroyé par Coopagri Bretagne et remboursable sur 7 ans à taux préférentiel. "L'éleveur, propriétaire de ses animaux, bénéficie d'un contrat investisseur Coopagri, avec une garantie sur la période de financement sous forme d'une marge minimale permettant de couvrir les investissements et les charges de structure", déclare J.M. Le Trionnaire.
Le second volet de l'aide, c'est l'accompagnement technique important dont bénéficieront Dominique et Joëlle pour la prise en main de l'outil. Même s'il y a un peu d'appréhension au démarrage, cette production nouvelle suscite l'enthousiasme des éleveurs. Les conditions de travail seront bonnes et les poules bénéficieront d'équipements (nids, perchoirs, grattage…) assurant un bien-être supérieur aux cages classiques.
Patrick Bégos