
20% des éleveurs de porcs ont plus de 55 ans" déclare Jérôme Couedic, en charge de la production porcine aux Jeunes Agriculteurs. Les nouvelles vocations seront nécessaires pour renouveler le parc des 600 exploitations naisseur engraisseur du département ou des 1360 ayant une activité porcine. "Une installation se prépare trois ou quatre à l'avance. L'anticipation est l'une des clés de la réussite". A 600 000 euros le montant de l'investissement pour un atelier moyen de 180 truies, l'improvisation est effectivement exclue. Les JA le disent et le répètent: le nouveau parcours à l'installation, testé dans le Morbihan, répond aux attentes des futurs installés. "Il permet une approche individuelle du projet, un calcul des investissements nécessaires et une simulation économique qui permet de mesurer, en amont du projet, la viabilité de l'installation".
Cohérence du système chez Christophe Goulard à Billio
En réponse aux associations qui dénigrent le métier et découragent bon nombre de jeunes attirés par la profession en s'opposant systématiquement aux projets de création d'ateliers ou de projets collectifs de traitement, les JA entendent montrer leur savoir faire. Christophe Goulard, éleveur à Billio, a ainsi ouvert les portes de son élevage à la presse non spécialisée. Installé en 2003, Christophe a repris l'atelier porc de ses parents : 700 places de post sevrage et 1380 places d'engraissement. Les porcelets proviennent d'une maternité collective dont il est l'un des huit associés. "Le système me permet d'avoir une réelle qualité de vie" avoue Christophe. 700 porcelets sont livrés toutes les huit semaines en post sevrage. "Le système est sécurisant au niveau sanitaire". La fabrique d'aliments à la ferme lui a permis d'amortir la crise. Les 96 hectares de SAU de l'exploitation lui permettent de produire la totalité du maïs nécessaire à l'atelier porc, 80% des besoins en blé et d'avoir la surface d'épandage suffisante pour l'absorption des effluents. Bâtiments et fabrique d'aliment s'intègrent parfaitement dans un cadre pour le moins agréable, bien loin des clichés habituels.
Les JA, qui souhaitent créer une nouvelle dynamique de groupe en production porcine au sein du syndicat, insistent sur le fait que les solutions à l'installation existent. Simon Le Badezet, installé en individuel à Pluméliau, partage la fabrique d'aliment avec son frère installé à quelques kilomètres pour limiter le coût de production. Les stations collectives de traitement solutionnent de nombreux problèmes. L'installation en société est également une possibilité pour renouveler la main d'œuvre en élevage. "Ces élevages qui permettent aux entreprises, le long de la quatre voie Baud-Ploërmel, d'exister et d'offrir du travail à de nombreuses personnes" rappelle pertinemment Simon.
Bernard Laurent
Photo : De gauche à droite: Jérôme Couedic, Christophe Goulard, Jacques Guillouzic, Simon Le Badezet, éleveurs de porc et Audrey Brouillard, animatrice.