
P our son assemblée générale annuelle, jeudi 5 à Janzé, Bovins Croissance avait choisi de mettre l'accent sur les génisses laitières, qui représentent 50 % des animaux suivis par la structure.
Côté conduite alimentaire, David Renault, animateur, distingue trois stratégies possibles, selon que l'on privilégie en premier lieu les performances, la réduction du coût ou les conditions de travail. Dans le premier cas, les meilleures performances sont à rechercher durant les trois phases de croissance : phase jeune, intermédiaire, de préparation au vêlage. Une dernière étape qui manque parfois de suivi. "Or, insiste David Renault, la génisse doit être considérée comme une future laitière, pas simplement comme une génisse". Pour celui qui mettra l'accent avant tout sur le coût, le premier critère à surveiller est l'âge au vêlage. "Même si on la nourrit peu, une génisse qui vêle tard coûte cher." Pour celui qui privilégiera les conditions de travail enfin, la simplicité de la solution alimentaire et sa fréquence de distribution seront des éléments clé.
Découle, de ce choix de priorité, la ration à mettre en place. "Si l'on choisit l'entrée performance, la ration idéale pour la phase jeune sera la ration sèche, puis la ration à base de maïs pour la phase intermédiaire et enfin la ration des vaches laitières pour la préparation au vêlage." Reste à concilier ce choix de priorité avec le coût que l'on se fixe, un coût qui a tendance à s'enflammer en ration sèche. "Un bon compromis peut être d'abord une ration à base de maïs, puis la ration des vaches laitières", commente David Renault.
Un exemple au Gaec de la Seiche
L'AG de Bovins Croissance a également été l'occasion, pour les adhérents, de visiter le Gaec de la Seiche à Janzé afin de poursuivre la discussion sur l'élevage des génisses. Le Gaec, qui compte 9 associés et 4 salariés, comprend parmi ses ateliers une activité lait avec un quota d'1 250 000 L. Toutes les génisses sont conservées et mises à la reproduction, soit un effectif de 100 génisses élevées par an. L'âge moyen au vêlage n'est, cependant, que de 25 mois. Avant le vêlage et pendant 3 à 4 semaines, les gestantes sont rassemblées dans un bâtiment et nourries comme les laitières. Le vêlage est réalisé dans la cage. "Petit point noir, la perte de veaux est assez importante au vêlage, déplore Philippe Denieul, l'un des associés. Ensuite, le reste de l'élevage se déroule bien." Les pertes sont en effet très minimes, les éleveurs notant simplement quelques problèmes pulmonaires en hiver.
Les veaux sont conduits en case individuelle pendant 8 à 15 j (colostrum les 4-5 1ers jours, lait entier en 2 repas/j), puis en case collective de 4 veaux après 15 j (lait entier 2 fois / j et mise à disposition de concentrés). Dès 15 jours, l'alimentation devient solide : aliment 2ème âge + maïs épi + luzerne déshydratée. Après 6 semaines, elle se compose de maïs ensilage + concentrés à volonté + 1 repas de lait/j. Après le sevrage, à 12 semaines, la ration jeune (maïs + concentrés) est maintenue, avant une transition à 5 mois vers une ration maïs + correcteur. À 8 mois, les génisses changent de site et reçoivent une ration simple et économe : maximum de pâturage, et ration d'hiver composée d'ensilage d'herbe, ensilage de maïs, paille, marc de pomme, correcteur avec une distribution tous les deux jours. Lorsqu'elles atteignent 350 kg, les génisses rentrent en bâtiment pour la mise à l'IA, avec pour ration : refus des VL, ensilage d'herbe, paille, marc de pommes en fonction des fourrages disponibles. Le tout, pour un coût total d'élevage (alimentation, frais véto, frais de repro, frais d'élevage, Bovins Croissance) de 379 euros, tandis que la référence se situe à 423 euros. Le coût alimentaire s'élève à 229 euros.
Anne-Laure Lussou
Photo : Le premier critère intervenant dans le coût alimentaire des génisses étant leur âge au vêlage, mieux vaut être vigilant sur la question.
Bons résultats 2007 pour la structure
Bovins Croissance a enregistré une augmentation de plus de 5 % de son activité en 2007. La structure regroupe aujourd'hui 317 adhérents. Un effectif en progression depuis deux ans, ce qui satisfait son président René Collin : "les résultats confortent notre décision de rapprochement avec le Contrôle laitier". Les trois domaines d'expertise de la structure (génisses, vaches allaitantes, jeunes bovins) se sont bien portés en 2007, la plus forte progression étant enregistrée en jeunes bovins (3 % de demandes supplémentaires). Toutes catégories d'animaux confondus, l'activité de la structure se répartit comme suit : 73 % pesée et conseil, 17 % pesée et 10 % appui technique sans pesée.