
Daniel Cherdo, le président d’Elpor, explique si le nombre d’adhérents et la production du groupement restent relativement stables, la crise n’épargne pas les éleveurs. Pour atténuer les effets de cette crise longue et difficile, le Conseil d’administration a proposé outre un complément de prix conjoncturel de 231 000 euros réparti entre la centaine d’adhérents, de ristourner le résultat, soit un peu plus de 50 000 euros.
Réaffirmant ainsi la stratégie d’Elpor de conserver une structure au moindre coût, il explique que « les éleveurs s’appuient dans leur majorité sur les services techniques de leurs partenaires, fournisseurs d’aliments notamment ». Quelques uns font néanmoins le choix de profiter de l’Union de service (Celtaporc) créée en partenariat avec la CEB, par ailleurs membre du GIE Porc Alliance il regroupe outre les deux groupements, l’abatteur Kermené. De fait la structure du groupement est effectivement très légère, et ne prélève aucune cotisation.
Pour le président, si le contexte actuel fait mal financièrement, il y a aussi des dégâts humains, à la fois chez les jeunes qui viennent de s’engager dans la production, mais aussi chez des plus anciens qui terminent leur carrière dans des conditions délicates. Il s’interroge sur l’avenir des outils au moment où les banques se montrent plus prudentes. « Il faudra sans doute un engagement de l’aval pour participer à l’installation des jeunes, sans tomber dans l’écueil de l’intégration ».
Pour autant il ne veut pas sombrer dans le pessimisme. « Il y aura des jours meilleurs et sans doute avec un certain rattrapage. Mais en attendant, il faut se serrer les coudes », conclut Daniel Cherdo
Pierre Dénès
Photo : Daniel Cherdo, président d’Elpor