
Dans le cadre de l’opération Innov’action initiée par la Chambre d’agriculture, le Gaec de Biterne à Yvignac-La-Tour ouvrira ses portes le mercredi 25 juin de 10 heures 30 à 17 heures sur les conditions de travail en lait. Une structure imposante avec 280 ha de terre, un atelier de 130 vaches laitières et la suite pour un quota d’1,2 million de litres de lait, un troupeau de vaches allaitantes et un atelier de taurillons.
« C’est en fait la résultante du regroupement de plusieurs exploitations au fur et mesure de l’installation des jeunes, et plus récemment avec l’association d’un tiers », précise Jean-Claude. L’ensemble des ateliers est réparti sur plusieurs sites et conduit par 6 associés : Jean-Claude et Christiane Picquet, Cyrille Picquet, Sébastien Picquet et Emilie Mounier, Yves Henry. Ce qui relativise la taille.
Traite en 1 heure 20
Les regroupements successifs avec des moyens de production devenus importants ont conduit les associés à engager la réflexion autour de deux axes : l’organisation du travail et plus particulièrement le temps consacré à la traite et à la distribution de la ration, et le système alimentaire. Avec au final deux décisions importantes : l’installation d’un roto tandem 26/28 postes et la ration sèche.
« Nous étions équipés d’une 2x6 avec décrochage automatique. Mais il nous fallait pour 80 à 90 vaches, 2 heures 30 à deux trayeurs matin et soir. L’équivalent en temps de 10 heures de traite par jour, cela devenait insupportable ». Le passage de 800 000 litres à 1,2 million, lors de l’association avec un tiers,a encore rendu plus évidente la nécessité de disposer d’une installation plus performante et surtout plus adaptée à la taille. Robot, Traite par l’arrière (TPA) ou roto tandem, si la réflexion a bien sûr eu lieu, le choix s’est rapidement porté sur le roto.
« Nous n’avons pas hésité longtemps ». Les associés listent les arguments qui ont fait pencher la balance : « traite à une personne, rapide - 1 heures 20 pour 120 vaches actuellement -, vision et accessibilité à la mamelle, observation journalière des animaux, limitation les déplacements en cours de traite, possibilité d’évolution en nombre d’animaux à traire ». Le roto, avec trayeur à l’intérieur (un peu plus coûteux) a aussi été préféré pour une vision globale des animaux pendant la traite et une possibilité d’intervention rapide, par exemple en cas de décrochage accidentel.
Sans critiquer les autres systèmes ou des choix différents effectués par d’autres producteurs, ils ont estimé que, dans leur situation, cette configuration leur convenait mieux. Pour autant ils admettent que ce choix n’est pas le moins onéreux. Entre 25 et 30 % plus cher qu’une TPA. « Le prix du confort de traite avec moins de main-d’œuvre mobilisée».
Dans une approche globale
Autre évolution notable qui date maintenant de 3 ans, l’adoption de la ration sèche. Plusieurs éléments ont guidé ce choix. Le Gaec de Biterne étant issu du regroupement de plusieurs exploitations, l’approvisionnement en fourrage (à l’époque 65 ha de maïs) impliquait beaucoup de déplacements, de transports et de temps passé entre semis et récolte. « Nous avions en outre des difficultés à dépasser des rendements de 9 à 10 tonnes de matière sèche par ha en maïs ».
L’intégralité du troupeau laitier est donc passée en 2005 en ration sèche, plat unique toute l’année. C’est-à-dire un aliment complet du commerce en granulé (18 à 20 kg par vache) consommé en libre-service au nourrisseur et du foin (entre 7 et 9 kg) distribué une fois par semaine.
Interrogés sur le coût d’une alimentation qui sort du conventionnel, les associés ont là aussi leurs arguments dans une approche globale de la gestion de l’exploitation. Ils énumèrent :
- une augmentation de la production par vache, passée de 7400 kg à 10 000 kg en 3 ans ;
- des gains liés à la diminution de gros travaux, moins d’intrants (doses de maïs, produits phytosanitaires), confortés aujourd’hui par la hausse du coût de l’énergie ;
- la valorisation de 170 ha de cultures de vente (blé, orge, colza, maïs grain) ;
- une meilleure utilisation de la main-d’œuvre disponible et moins de contraintes journalières ;
- un système alimentaire sécurisé …
Sur ce dernier point, après une pause dans les investissements, d’autres solutions pourraient encore être envisagées pour améliorer cette sécurité ; séchage du foin en grange par exemple.
Pierre Dénès