
Demain, il faudra produire mieux, plus et avec moins". A plusieurs reprises, cette phrase a été empruntée à Bruno Parmentier, auteur de "Nourrir l'humanité", lors de l'assemblée générale des Cuma d'Ille-et-Vilaine, le 30 mai à Etrelles. Les responsables de la FDCuma avaient placé au cœur des débats le Grenelle de l'environnement. Catherine Gaubert, chargée de missions Agroéquipement – Énergie à la FNCuma, en a rappelé quelques grandes lignes concernant l'agriculture.
"L'augmentation de la production biologique fait partie des objectifs : 6% de la SAU en 2013, 20% en 2020. 50% des exploitations devront être engagées dans une démarche de certification environnementale en 2012… Côté phytos, leur utilisation devra être réduite de moitié en 10 ans et le retrait des substances les plus préoccupantes est prévu… D’ici 2013, 30% des exploitations devront montrer une très faible dépendance énergétique".
Dans le cadre de leur contribution au Grenelle, les Cuma ont rappelé l'intérêt du banc d'essai tracteurs, des conseils en conduite économe, du raisonnement de l'énergie sur l'exploitation. Elles ont aussi insisté sur les bénéfices du banc pulvé, de l'investissement collectif dans des matériels spécifiques… Et la capacité des Cuma à répondre collectivement aux modifications des pratiques agricoles a également été mise en avant.
Intégration des producteurs bio
Lors de la table ronde de l'assemblée de la FDCuma, quelques démarches ont illustré les réponses possibles des Cuma aux enjeux du Grenelle. Notamment l'intégration de cinq agriculteurs bio à la Cuma de Piré. Parmi eux, Vincent Mellet, converti au bio en 1996, souligne : "Nous faisons différemment appel à la Cuma. En 2000, nous avons acheté une bineuse et une herse étrille et en 2002, une houe rotative. Les conventionnels peuvent aussi utiliser ces matériels". Autre exemple de complémentarité : "Les bio arrivent toujours en fin de saison pour les semis de céréales". Vincent Mellet possède par contre sur son exploitation une faucheuse, une faneuse, un andaineur et une autochargeuse.
A la Cuma L'Yse de Janzé, l'acquisition d'un pulvérisateur automoteur en 2006 rapproche les utilisateurs des nouvelles exigences en matière phytosanitaire. "À l'origine, nous étions quatre producteurs intéressés pour l'achat d'un automoteur d'occasion. Une exploitation voisine est venue se greffer, ce qui a permis l'achat d'un matériel neuf (178 chevaux, rampe de 30 mètres à circulation continue, bac d'incorporation, bidon lave-main, cuve de rinçage)", relate Jean-Michel Arondel, producteur de la Cuma. L'automoteur est également utilisé pour l'azote liquide. 2 800 ha sont traités en tout (les cinq exploitations comptent au total près de 700 ha de SAU).
"Pour optimiser les performances, la conduite est principalement réalisée par une personne. Mais chacun reste responsable de sa parcelle". Les produits phytos sont également gérés en commun via une SEP (Société en participation). Elle permet des achats groupés de phytos, d'engrais et de chaux. Le coût moyen de traitement revient à 7,40 euros/ha, main d'œuvre non comprise.
Techniques culturales simplifiées
Sortant de la confidentialité avec 30% des surfaces françaises non labourées aujourd'hui, les TCS (Techniques culturales simplifiées) font aussi partie des solutions pour répondre aux enjeux environnementaux, en réduisant la consommation de fioul. "Des solutions techniques existent pour ne pas augmenter en contrepartie la consommation de produits phytos : couverts végétaux, rotations de cultures adaptés", garantit Matthieu Archambeaud, agronome et journaliste à la revue TCS. "La formation est essentielle quand on se lance". "Le travail en groupe aussi", ajoutent les Cuma, qui se veulent force de proposition dans tous ces projets déterminants pour l'avenir de l'agriculture.
Agnès Cussonneau
En bref
- L'Ille-et-Vilaine compte 205 Cuma, avec 5 500 adhérents au total.
- 165 pulvérisateurs ont été diagnostiqués en 2007. Au 1er janvier 2009, ce diagnostic va devenir obligatoire (validité de 5 ans).
- 10 moissonneuses ont été achetées pour la prochaine campagne, montrant des débits de chantier supérieurs.
Photo : L'assemblée générale des Cuma d'Ille-et-Vilaine s'est tenue le 30 mai à Etrelles.