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Bovin / Coopérative Urcéo - Nouvelle naissance dans le monde l'insémination
 
Qu'il est loin le temps où Jean-François Clément, ancien président de la coopérative d'insémination de Plounévézel, plantait le drapeau rouge au bout de la route pour avertir l'inséminateur qu'il fallait venir jusqu'à la ferme.
De la naissance, en 1948, des deux coopératives de Rennes et de Plounévézel, à aujourd'hui, se sont écoulés 60 ans d'évolution du monde de l'insémination artificielle. Et si rien n'augurait que les premiers échanges de semence fraîche entre les centres de Rennes et de Plounévézel aboutiraient six décennies plus tard à la fusion des deux CIA, aujourd'hui c'est chose faite. Les deux coopératives ont été dissoutes le 3 juin à Carhaix.
Après avoir mis en commun leurs moyens humains et techniques en 2007, les deux structures ont versé leur capital dans la même bonbonne. Un pot commun qu'il convient désormais d'appeler la coopérative Urcéo qui était restée une simple Union régionale des coopératives de l'Ouest depuis sa création en 1965.

Une étape logique

"La création de la coopérative Urcéo est une étape logique et incontournable", a expliqué Jean-Pierre Mourocq, président du CIA de Plounévézel, lors de l'assemblée constitutive. "La baisse de l'activité de mise en place depuis l'avènement des quotas laitiers, l'évolution de la Pac, la libéralisation des échanges mondiaux sont autant d'arguments qui plaident en faveur de la régionalisation des activités d'élevage".
"Le positionnement de l'Urcéo dans le paysage international de la génétique ne doit pas nous éloigner de notre priorité : rendre le meilleur service de proximité au meilleur coût", a ajouté Jean-Claude Neveu, président de la coopérative d'insémination de Rennes. Une priorité qu'entend en effet ne pas lâcher la nouvelle coopérative qui se félicite de conserver un "maillage territorial dense avec une agence tous les 40 km maximum". Bref, au quotidien, la nouvelle entité ne changera pas grand-chose dans la relation qu'a l'éleveur avec son inséminateur. Qui plus est, ce regroupement doit contribuer à maintenir les tarifs de l'insémination à des niveaux acceptables pour l'éleveur.
Meilleure génétique au meilleur coût. Elle est bien là l'ambition première de ce regroupement régional qui intervient dans un des principaux bassins d'élevage français. Une région d'élevage qui met tout en oeuvre "pour garder les commandes de la génétique bovine contrairement aux productions végétales qui n'en ont plus la maîtrise", a appuyé Odette Herviault, vice-présidente du Conseil régional.

Créavia avance

Reste que la création de la coopérative Urcéo n'est en toute vraisemblance qu'une étape dans les regroupements qui touchent le monde des structures agricoles.
La récente création de l'Union de coopératives Créavia entre l'Urcéo et Génoé ressemble étrangement à ce qu'avaient imaginé en 1965 les responsables des coopératives de Plounévézel et de Rennes. Personne ne serait étonné que, d'ici quelques années, Créavia devienne à son tour une coopérative à part entière. Pas seulement parce que la nouvelle entité pèse 25 000 éleveurs adhérents et plus d'un million d'inséminations. "Mais parce que les deux coopératives ont des objectifs et des projets partagés en matière de génétique", a lancé Jean-Pierre Mourocq.

Didier Le Du

 


Plus d'inséminations

Thomas Krychowski, directeur général de l'Urcéo, s'en réjouit. Depuis l'instauration des quotas, c'est la première fois que le nombre d'inséminations augmente. "L'activité globale a progressé de + 0,8 % en 2007, dont + 4 % en races laitières. C'est une année de rupture sur le plan des inséminations", a-t-il commenté.
En revanche, les inséminations en races à viande, qui représentent un peu plus de 11 % de l'activité de la coopérative, marquent le pas : - 17 % sur an. Explications : La conjoncture laitière a conduit les éleveurs laitiers à pratiquer moins de croisement industriel (- 21 % sur 1 an). "Le croisement industriel qui concernait 20 % des vaches laitières ne représente plus que 9 % des effectifs". À noter encore que les inséminations allaitantes en races pures ont reculé de 4 %.

 

Photo : Le 60e anniversaire des coopératives de Rennes et de Plounévézel a été l'occasion de réunir deux des anciens présidents – Jules Robert (à gauche) et Jean-François Clément – qui entourent Thomas Krychowski, directeur général de l'Urcéo ; Jean-Claude Neveu, président du CIA de Rennes ; Jean-Pierre Mourocq, président du CIA de Plounévézel. 


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Date de l'article : semaine du N° du 6 au 12 Juin 2008
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