
Au cours de la semaine passée et encore cette semaine, des actions de ralentissement de la circulation ont été conduites sur plusieurs grands axes de la Région. Le mouvement initié au départ par les pêcheurs a donc fait tache d’huile, puisque outre le milieu agricole, la grogne semble aussi gagner les ambulanciers, les taxis et les routiers. Au final, tous ceux qui subissent de plein fouet les hausses successives et ont parfois du mal à les répercuter.
Globalement les actions se sont déroulées dans le calme, même si à certains moments l’exaspération des personnes bloquées pendant une heure et parfois plus s’est faite sentir. Il est vrai que les particuliers subissent aussi toutes ces hausses de l’énergie, pour se chauffer ou se déplacer, et n’ont que peu de moyens pour se faire entendre.
Du gas-oil à 0,40 centimes
Sur les différents sites, tracts à l’appui, les différents acteurs illustrent leur mécontentement et leurs inquiétudes. Ainsi, explique Hervé Laplanche, producteur de lait à Plumaudan (22) sur une exploitation laitière de 45 ha, le poste carburant a augmenté de 30 %. Pour une consommation annuelle de l’ordre de 8000 litres c’est loin d’être neutre, plus de 2000 euros.
Du côté des entrepreneurs agricoles, cette augmentation du prix des carburants et plus généralement de toutes les fournitures (huiles, pneumatiques …) fait également réagir. Régis Macé, président des Entrepreneurs des Territoires 22, estime à 75 000 litres la consommation moyenne d’une entreprise bretonne, dans une fourchette allant de 30 000 litres pour les entreprises les plus modestes à 350 000 pour les plus importantes. « 30 centimes d’augmentation du litre de gas-oil sur un an, auxquels s’ajoute la hausse de pièces, huiles, pneus … Cela équivaut à faire augmenter les tarifs de 12 % ». Si pour l’équilibre économique des entreprises, l’application de cette augmentation est indispensable, il reconnaît que dans la pratique, ce sera moins évident.
Les organisations syndicales des ETA et des agriculteurs (FDSEA-Jeunes Agriculteurs) se rejoignent pour demander l’instauration d’un prix du gas-oil professionnel ; un prix qu’ils situent aux environs de 0,40 centimes d’euros. Pour le moment, pas de réponse des pouvoirs publics qui craignent sans doute que le cortège de demandeurs finissent par être aussi long que les bouchons créés par ces mouvements.
Pierre Dénès
Finistère : la FDSEA, les JA et les ETA
reçus par le Préfet
Le préfet du Finistère a reçu, jeudi 29, des représentants de la FDSEA, des Jeunes Agriculteurs et des Entrepreneurs de travaux agricoles concernant la hausse du prix du baril de pétrole. Ces derniers ont formulé plusieurs demandes : un véritable carburant professionnel, des mesures d'urgence fiscales et sociales pour compenser la hausse des charges, un plan ambitieux de baisse des charges, une réglementation assouplie favorisant l'utilisation d'autres sources d'énergies (biomasses animales et végétales) et l'aboutissement des requêtes des producteurs sous serres (cogénération, pompe à chaleur, etc.).
Photo : C’est sur les grands axes routiers et aux abords des grandes agglomérations que se sont concentrées les actions des entrepreneurs et agriculteurs.