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NON-LABOUR / Impact sur les maladies et les mauvaises herbes - Savoir adapter la conduite des cultures
 
Parler technique, voir du concret, échanger avec les autres agriculteurs" : le colloque au champ, organisé par Arvalis à La Jaillière (44) a apporté des réponses sur le travail du sol aux 700 personnes qui ont arpenté les différents ateliers et participé au forum de partages d'expérience.  

Risques de fusariose

L'un des ateliers a abordé l'impact d'une simplification du travail du sol sur les maladies et sur les adventices. Deux problèmes importants qui freinent certains agriculteurs dans leur recherche d'une simplification de leur système. "Au niveau des céréales, l'impact porte surtout sur la fusariose", explique Eric Masson. "La contamination est provoquée par deux facteurs : le climat et la présence de résidus de récolte laissés en surface. Le broyage de ces résidus diminue fortement les risques d'infection".
Le travail du sol apparaît comme un critère de pression supplémentaire, en interaction avec le précédent cultural. "Sur précédent à risques, type maïs grain, le labour offre plus de sécurité. En non-labour, après un broyage efficace des résidus, le choix variétal est prépondérant".
Dans une culture de maïs, la présence de fusariose sur épis est liée à la conjonction de plusieurs facteurs : le climat de la campagne, les pluies à la sortie des soies, la date de récolte. Ici encore, le broyage permet d'activer la dégradation des résidus et de limiter les risques.     

Un ou deux déchaumages

Le non labour peut-il avoir une influence sur la présence de ravageurs ? "Le risque limace est important, si le climat est doux et humide, le précédent favorable (par exemple colza) et en présence de mottes et de résidus offrant un refuge ou d'un couvert végétal servant d'alimentation", précise Eric Masson. Avec le travail du sol en interculture, on limite la prolifération des limaces. Dans les situations à risques, il vaut mieux réaliser un ou deux déchaumages. "Le labour diminue les risques, il enfouit les limaces plus qu'il ne les détruit, mais cela retarde leur sortie de 10 à 45 jours". Par contre il n'y a pas d'influence sur les taupins.

Cultures d'automne et de printemps

Quel est l'impact sur les mauvaises herbes ? En non-labour, il faut être vigilant aux adventices dans les rotations à risques. "Avec trois cultures d'automne, par exemple une succession colza-blé-orge, on a un développement de la même flore (vulpin, ray grass…) avec des risques de résistances de ces graminées", explique Gérard Citron. Ce n'est pas le cas pour les assolements de cultures de printemps et d'automne, type maïs-blé. "La possibilité d'alterner les cultures est un facteur favorable pour réduire les adventices, en non labour".
Le travail superficiel concentre les graines de mauvaises herbes en surface, alors qu'un labour les dilue plus en profondeur, ce qui peut altérer leur faculté germinative. "En non-labour, il s'agit surtout d'espèces à germination superficielle. Les plantes vivaces peuvent être plus importantes dans la mesure où il n'y a pas de perturbation de leur multiplication végétative", souligne Gérard Citron.  
En non-labour, la concentration des résidus en surface peut aussi perturber l'efficacité des herbicides racinaires. Un travail simplifié exige donc une rigueur dans la gestion de l'interculture, la multiplication des déchaumages et des faux-semis, pour faire lever et détruire les mauvaises herbes.


Patrick Bégos

 

Bertrand Leduc, en Gaec à Teillé (44)
“16 ans d'évolution en non-labour”

Installé en Gaec (260 ha), Bertrand Leduc a abandonné le labour en 1992. "La période de semis mobilisait deux personnes pour labourer et semer, ce qui posait des problèmes de main d'œuvre à l'élevage". Bertrand a opté au départ pour le travail simplifié avec le matériel existant : déchaumeur, combiné herse rotative-semoir. Satisfait des premiers résultats, il achète un matériel spécifique en 1998 (Samavator de 3 m).
"Je me suis aperçu qu'une semelle se formait dans les premiers centimètres du sol. J'ai donc adapté un cultiplow à l'avant du tracteur pour décompacter à 15 cm de profondeur". En 2003, le Gaec s'est agrandi de 60 ha de cultures, labourées auparavant. "J'ai pu comparer les terres. La différence de structure était nette. Les parcelles non labourées étaient moins usantes, avec des mottes qui s'éclatent plus facilement et un lit de semences moins grossier, nécessitant moins de puissance pour l'affiner", résume Bertrand.
Sur 260 ha, avec des prairies, du blé, du colza, du maïs grain et des pois, la diversité des cultures permet une bonne maîtrise des adventices. "Dans mon système avec élevage, je veille à limiter les tassements, en épandant le fumier, en conditions bien ressuyées, en laissant les bennes en bord de champ, lors de la récolte. J'ai remplacé le maïs fourrage, dont la récolte provoque des tassements par du maïs grain ensilé pour les vaches laitières. Préserver la structure du sol est essentiel".   
Le samavator combiné au cultiplow à l'avant demandait de la puissance, et le train d'outils était long et encombrant, avec une consommation de fuel de 15 L/ha. "Fin 2007, j'ai donc investi dans un nouvel outil : un vibroculteur semi-porté de 6 m, relié à une trémie, ce qui m'a permis d'alléger le train d'outils de 3 tonnes". Les premiers résultats sont encourageants : gain de temps et consommation de fuel divisée par trois. 

 

Photo : L'un des ateliers a permis d'échanger sur les principaux types d'outils utilisables pour favoriser la levée des adventices et les détruire, avec leurs avantages et leurs limites : covercrop, déchaumeur à dents, déchaumeur à disques indépendants.   


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Date de l'article : semaine du N° du 6 au 12 Juin 2008
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