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La hausse des prix des produits alimentaires depuis plusieurs mois a incontestablement servi certains gouvernements européens pressés de réduire les soutiens à l’agriculture. C’est en substance ce que veut dire Mariann Fischer Boël, Commissaire européenne à l’agriculture : « le niveau élevé des prix alimentaires ne doit pas être un prétexte pour introduire des instruments d’intervention sophistiqués en faveur des agriculteurs ». Répondant en quelque sorte à la France qui estime nécessaire de garder certains outils de gestion des marchés, comme ceux des quotas laitiers. Il y a plus de vingt ans, des approches différentes de la mise en place des quotas d’un pays européen à l’autre ont conduit à des situations différentes. La France a privilégié la répartition de la production sur le territoire plutôt que la liberté du marché en liant les quotas à la terre et dans le cadre d’une gestion départementalisée. Tout cela en cohérence avec sa politique des structures. Aujourd’hui la France n’atteint pas le quota qui lui est alloué malgré l’augmentation de la production dans l’Ouest pour cette dernière campagne permise par les volumes supplémentaires qui lui ont été permis de réaliser. Au Danemark, depuis l’instauration des quotas, les exploitations laitières se sont restructurées plus rapidement, profitant d’une politique de développement plus libérale. Elles sont aussi devenues plus compétitives mais moins nombreuses. L’écart est grand entre la conception du Français Michel Barnier qui « ne veut pas de déménagement de territoire » en aidant la production de lait dans les zones difficiles, et celle de la libérale Danoise Mariann Fischer Boël qui veut d’abord « permettre aux producteurs d’accroître leur efficacité » pour répondre aux nouvelles opportunités du marché. France-Danemark : deux jeux différents, un match à suivre...
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