
Les militants d'associations environnementales ou de consommateurs s'exprimeront. Il est primordial que les agriculteurs en fassent de même" conseille vivement Yves Le Gourrierec, président de la Chambre d'agriculture. Une consultation nationale sur les propositions concernant la gestion de l'eau est en cours. Les documents à remplir et à réexpédier sont dans les boîtes aux lettres. L'avenir de l'eau est en jeu, celle des robinets, des rivières et des zones humides.
Le phosphore dans le collimateur
"Nous avons été consultés pour la réalisation du document de propositions. La problématique de l'élevage n'a cependant pas assez été entendue" déplore Laurent Kerlir. L'absence d'approche économique sur les conséquences des dispositions proposées irrite les responsables de la Chambre. Le désaccord le plus vif concerne l'approche retenue pour le phosphore. L'obligation d'atteindre l'équilibre de fertilisation phosphorée (en 2014), mesure proposée par l'administration, engendrerait une réorientation de l'agriculture avec une diminution de l'élevage, notamment avicole. "Nous avons proposé de travailler sur le développement de mesures anti-érosives. C'est le meilleur moyen de limiter les rejets de phosphore dans les ruisseaux". La couverture des sols en hiver, l'implantation de haies et de talus sont une bonne réponse à cette problématique dans la mesure où le sol a la capacité à stocker le phosphore. "Sur ce point, l'administration va trop loin. Même le compostage (y compris des déchets des collectivités) n'est pas adapté. L'azote y est bien abattu mais pas le phosphore". Un point de divergence qui pourrait donc être lourd de conséquences pour l'élevage breton.
Les réserves collinaires également
"Sur la problématique des retenues collinaires, on nage en pleine incohérence" poursuit Laurent Kerlir. "L'Etat octroie des aides à certaines régions pour en créer. On aide également les particuliers à constituer des réserves. Chez nous, pour l'agriculture, leur création est interdite". La confusion, dans les esprits citadins, est forte avec les pratiques intensives d'irrigation du maïs dans certaines régions françaises. En Morbihan, un arrosage régulier est indispensable pour garantir des rendements de cultures légumières de qualité. Cette nécessité doit être mieux expliquée aux consommateurs.
Dans les semaines qui viennent, les élus de la Chambre organisent des réunions avec les nouveaux élus municipaux (en relation avec l'association des maires) pour communiquer sur la nouvelle charte de l'urbanisme. Une bonne occasion de les sensibiliser à la problématique de la gestion de l'eau et des propositions du Sdage. Ils rencontreront également les élus agriculteurs des conseils municipaux. Enfin, des réunions d'information avec l'ensemble des agriculteurs seront programmées prochainement. Les dates, dès qu'elles seront fixées, seront communiquées, dans un prochain numéro.
Bernard Laurent
* Schéma directeur de l’amenagement et de la gestion des eaux
Calendrier prévisionnel (document stratégique pour la gestion de l'eau)
Projet adopté par l'Agence de l'eau fin 2007
Soumis à consultation du public d'avril à octobre 2008
Soumis à consultation des élus et des Chambres consulaires de novembre 2008 à février 2009
Adoption du Sdage et du programme de mesures en juillet 2009
Photo : La profession se mobilise pour que les agriculteurs soient informés et donnent leur avis en répondant au questionnaire ci-dessus, expédié par le ministère de l'écologie, à tous les français, par courrier.