
Rapatriement de l'ensemble de l'engraissement sur site et restructuration externe ont conduit Chantal et François Pot, éleveurs à Plounévez-Lochrist de 400 truies conduites en 5 bandes, à revoir la cohérence globale de leur élevage. Cette nouvelle organisation s'est traduite par la transformation d'un ancien engraissement en "gestante bien-être" et par la construction d'un engraissement. Autrement dit, l'ancien aménagé pour des truies moins exigeantes que des charcutiers qui demandent les meil-leures conditions d'élevage pour exprimer le meilleur de leur potentiel.
Quai d'embarquement tampon
L'engraissement construit par l'EARL des Peupliers affiche une capacité de 1 120 places réparties en 5 salles de 192 places et une de 160 places (coût : 335,39/place ; 304,90/m2). "La longueur d'auge est de 5 m pour 32 porcs", précise Pierre Flageul, conseiller bâtiment à Porfimad, mettant l'accent sur les descentes inox inclinées pour une meilleure répartition de la soupe sur toute la longueur d'auge.
Un quai d'embarquement de 230 places complète l'ensemble des salles. "Ce quai isolé thermiquement et équipé d'alimentation en soupe permet, à la fois, de préparer les départs en avance (avec possibilité de couper automatiquement l'alimentation le jour et l'heure souhaités) et sert de stockage tampon pour libérer plus rapidement les salles des queues de lot", explique François Pot.
La ventilation des salles est assurée par plafond diffuseur aluminium perforé (13 % de la surface) recouvert de laine de verre. "Une entrée d'air en pignon, protégée pour éviter les turbulences et isolée pour atténuer l'effet réchauffement dû à l'exposition du bardage, assure l'entrée d'air dans les combles. Une deuxième entrée est prévue au pignon opposé pour les besoins de ventilation à la belle saison", poursuit P. Flageul.
Aération feutrée
Ce spécialiste bâtiment porc insiste sur le mélange progressif air neuf – air ambiant permis par ce type de plafond diffuseur sans coulée d'air froid sur les porcs (gain de 6 °C). "L'échange thermique est favorisé par le caractère conducteur de l'aluminium. Ce type de ventilation permet une aération feutrée des salles. Il n'y a pas de zone d'inconfort. En effet, on ne mesure pas un degré de différence de température aux quatre coins de la salle".
Des volets régulés, installés dans la gaine centralisée d'extraction d'air (en sous-sol pour limiter les risques d'incendie), permettent l'extraction basse de l'air vicié avec débit d'air ajusté aux besoins des animaux salle par salle (température constante). Les trois turbines d'extraction propulsent l'air vicié vers le module de lavage d'air installé au centre du bâtiment. "Dans ce bâtiment, il s'agit d'un laveur horizontal avec rampe de brumisation sur blocs de maillage en plastique".
Didier Le Du
Le lavage d'air
Le lavage d'air consiste à faire passer l'air qui sort des porcheries sous une rampe de brumisation. Cette technique est possible avec la ventilation centralisée qui canalise tout l'air des salles d'engraissement vers une sortie unique.
La moitié des émissions d'odeurs et d'ammoniac produites par un élevage naisseur engraisseur provient de l'engraissement. D'où la nécessité de cibler ce poste quand on entreprend de laver l'air.
Le lavage d'air permet de réduire les odeurs de 40 à 70% (au moins 350 gaz plus ou moins odorants identifiés à la sortie d'une porcherie) et de piéger l'ammoniac (soluble dans l'eau). Il répond aussi à l'obligation de suivre l'évolution réglementaire au niveau européen et national.
Reste que si la technique est relativement simple, elle entraîne un surcoût de l'ordre de 6 % lié à la mise en œuvre de la ventilation centralisée comparée à une ventilation classique.
Photo : François Pot, éleveur à Plounévez-Lochrist, et Pierre Flageul, responsable du service bâtiments à Porfimad.