
En 2007, la légère hausse des prix de vente n'a pas compensé l'augmentation des charges opérationnelles (poudre de lait, aliment, fuel, frais d'entreprise) et des charges de structure. Nos revenus n'ont pas suivi", déclare Yannick Le Gargasson, président de Bergerie de Bretagne. Ces dernières années, l'objectif a été d'améliorer les marges brutes ; elles ont progressé pour atteindre 100 euros par brebis. Pour améliorer le revenu, il faut aller au-delà des marges brutes et cerner les charges de structure.
Mécanisation : 20 euros/brebis
Violaine Scalliet, en formation BTS, a étudié les charges de structure de 14 éleveurs. Comprenant les frais de mécanisation, de bâtiment, de foncier, de main d'œuvre, les frais financiers et les autres charges, elles varient de 45 à plus de 100 euros par brebis. Les frais de mécanisation représentent un quart de ces charges, soit 20 euros par brebis avec une part importante liée à la traction. Les frais fonciers représentent 17 % et la main d'œuvre (charges sociales) 16 %. La charge de bâtiment ne concerne que 9 % des charges de structure. Elle est bien maîtrisée par les éleveurs qui travaillent de plus en plus en plus par lots pour une meilleure utilisation des bergeries.
Quels sont les facteurs qui influent ces charges ? On constate peu de dilution des charges de structure. Elles ne diminuent pas quand la taille du troupeau augmente. Les éleveurs s'équipent de matériel plus important de traction, de préparation du sol, de récolte, quand le troupeau progresse. Curieusement, les charges augmentent également avec la productivité numérique.
900 agneaux à produire
Pour illustrer le poids des charges de structure, Violaine Scalliet les a traduit en équivalent-agneaux à produire. Ainsi, dans les 14 élevages, il faut vendre 277 agneaux uniquement pour faire face aux charges de structure. Ce qui signifie qu'il faudrait vendre au moins 900 agneaux pour payer la totalité des charges et dégager un revenu.
Peut-on agir sur ces charges ? La mécanisation est le poste sur lequel l'éleveur a le plus de marge de manœuvre. Certains travaux de cultures et de récolte peuvent être réalisés par Cuma ou ETA, plutôt que d'avoir un matériel personnel coûteux. "L'analyse doit se faire au cas par cas, en tenant compte de la surface, du nombre d'heures de travail, du matériel nécessaire,…", précise Thierry Piers, technicien du groupement. "La réduction des charges de structure est un travail à long terme, elle est sans doute plus difficile que celle des charges opérationnelles, car les décisions d'investissement engagent pour plusieurs années". Le calcul des prix de revient est peu fréquent, en production ovine.
Patrick Bégos
Photo : Grâce à l'agnelage par lots, le poste bâtiment est en général bien maîtrisé par les éleveurs.