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Côtes d'Armor (22)
FGDS / Assemblée générale - L’espoir contre la FCO est dans une vaccination massive
 
Gilles Canteneur, éleveur en  Moselle et Gérard Bosquet, vétérinaire en Ardennes étaient deux des invités du débat organisé par la Fédération des groupements de défense sanitaire, vendredi à Plédran. Elle y tenait son assemblée générale annuelle. Gérard Bosquet a qualifié de « tsunami sanitaire » cet épisode sanitaire qu’il a vécu directement auprès des éleveurs du département. « 95 % de notre activité était sur la FCO ». Il rappelle les premières difficultés à reconnaître la maladie, et décrit les signes d’alertes : les yeux qui coulent, la bave et les ulcérations du nez, les lésions au niveau des mamelles et aux membres …
De son côté Gilles Canteneur évoque le traumatisme de l’éleveur qui est en état d’alerte permanent, à l’affût des symptômes. La Moselle a enregistré plus de 1600 cas. « Les pertes économiques sont lourdes. Des avortements multipliés par deux, une mortalité accrue de 25 % ». Soulignant que la combinaison de la FCO avec un état sanitaire un peu perturbé ou un manque d’état est catastrophique. « Cela tombe comme des mouches ». Il invite donc à la vigilance.

Couverture maximale

Edifiant pour les éleveurs présents qui veulent être rassurés, notamment sur l’efficacité du vaccin. Fabienne Coroller, du Cirad de Montpellier, précise d’abord que sans doute la maladie va continuer à progresser. « Le vaccin est efficace et il faut assurer une couverture maximale, supérieure à 80 %. » Elle prend l’exemple de la Corse qui vaccine contre le Sérotype 1 depuis plusieurs années, avec succès.
Si les éleveurs ovins devraient pouvoir bénéficier du vaccin dans les prochains jours, il faudra que les éleveurs de bovins du département s’arment de patience.  Le vaccin ne devrait être disponible pour eux qu’au mois d’août. François Moutou , épidémiologiste à l’Afssa, regrette que le protocole de vaccination retenu n’est pas d’abord consisté à créer une barrière sanitaire entre les zones touchées et les zone indemnes, avec un caractère obligatoire.
Quant aux conseils de protection, la désinsectisation systématique n’apparaît pas comme la solution miracle. Fabienne Coroller la juge intéressante lors des transports d’animaux. Et comme François Moutou préconise aux éleveurs de se montrer rigoureux sur les mesures d’hygiène, par exemple en limitant les gîtes larvaires.
Ce débat aura aussi donné l’occasion aux deux scientifiques présents de pointer du doigt quelques évidences. Certes les évolutions climatiques ont probablement une influence sur le développement des maladies émergentes. Mais explique François Moutou, le climat ne peut être isolé d’autres facteurs. Ainsi dans un monde gagné par la mondialisation, les gens bougent, les produits aussi, mais pas seulement, les agents pathogènes peuvent suivre. Ce qui peut avoir des conséquences sanitaires. Il rajoute que l’accroissement important de la population mondiale, du nombre d’animaux ne fait qu’accentuer le phénomène. Sans oublier les (nos propres) comportements qui participent aussi parfois à la transmission ou au développement de pathologies. Sans doute pas très rassurant, mais cela montre que dans le milieu du vivant rien n’est jamais acquis.

Pierre Dénès
Photo : Eleveurs, vétérinaires et scientifiques plaident pour une vaccination rapide et massive


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Date de l'article : semaine du N° du 30 Mai au 5 Juin 2008
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