
Emmanuel Abomnès, 28 ans, est actuellement en stage au Gaec "Les Garennes", à Henvic. En juin prochain, il deviendra salarié à temps complet de cette exploitation légumière qui cultive artichaut, chou-fleur et salade.
Promesse d'embauche
Cette promesse d'embauche est scellée depuis qu'Emmanuel Abomnès a démarré sa formation BPA salarié(e) en production légumière, à l'Iréo de Lesneven. Si au grand jamais, le Gaec "Les Garennes" ne pouvait plus honorer sa promesse d'embauche, la profession légumière lui proposerait obligatoirement un autre emploi en CDI dans une autre exploitation du secteur.
Telles sont les règles du jeu que se sont données les six partenaires de cette nouvelle opération de formation qualifiante : Sica de Saint-Pol, Chambre d'agriculture, Ireo de Lesneven, AEF, ANPE, Assedic. Des règles du jeu destinées à séduire de nouvelles candidatures dont la zone légumière a cruellement besoin. "D'ici 2016, les exploitations légumières devront recruter 360 salariés équivalent temps plein", chiffre Yann Primo, conseiller à la Chambre d'agriculture.
L'idée de mettre en place une formation qualifiante d'ouvrier en exploitation légumière a germé en 2006. Le comité de développement des agriculteurs de la zone légumière avait alors pointé du doigt cet élément-clé de l'avenir des exploitations du secteur. "Sous l'effet du papy boom, la surface cultivée par personne va doubler sachant que progressivement les retraités vieillissants ne travailleront plus sur les exploitations. De même, les cultures de diversification qui dégagent plus de marge brute sont plus exigeantes en main-d'œuvre, etc." Bref, du fait de l'évolution de la démographie et des structures, le besoin en recrutement ira croissant.
Des emplois de proximité en CDI
Début 2007, les premières opérations de communication ont permis de toucher un nouveau public susceptible d'être intéressé par ces métiers du légume. "Quinze personnes ont assisté à une première journée d'information. Dix ont poursuivi par des journées de découverte de la production en exploitation, suivies d'une évaluation en milieu du travail. Au final, huit ont démarré la formation dont 5 arriveront au terme le 23 mai", indique Gilles Burel, AEF 29.
Un succès mitigé, mais qui n'entame pas la motivation de la profession légumière à poursuivre dans cette voie, ouverte il y a 3 ans par la production porcine. "Une prochaine formation sera lancée en 2008", assure Paul Lavanant, formateur à l'Iréo, précisant que la profession est fermement décidée à battre le terrain pour communiquer en direction d'un public plus large. "Entre autres les saisonniers qui pourraient être intéressés par des emplois plus pérennes à proximité de leur domicile". Cette notion de proximité étant un argument qui séduit de plus en plus de candidats en recherche d'emploi.
Didier Le Du
Photo : Au terme de sa formation qualifiante, Emmanuel Abomnès (au premier plan), à côté de Jean-Hervé Cléach, son maître de stage, participe à tous les travaux et est capable de prendre des responsabilités.