
Dans le milieu agricole, l'Adasea s'est d'abord imposée comme la structure de l'IVD (indemnité viagère de départ). Une mesure née de la loi d'orientation agricole de 1960 qui faisait le bilan d'un trop plein d'actifs agricoles (plus de 40 000 exploitants dans le Finistère), associé à un trop faible revenu par agriculteur dû essentiellement à une faible productivité.
Face à ce constat, la formule consiste à inciter des départs massifs. Rien que de 1963 à 1981, 18 500 candidats à l'IVD décident de lâcher prise avec l'agriculture pour 1 623 de 2007. "La moitié des demandeurs avait plus de 65 ans. L'IVD pouvait doubler la retraite de ces agriculteurs qui, jusque-là, cumulaient petite pension et petite activité agricole", a rappelé Pierre Guyader, conseiller de l'Adasea, chargé de retracer les 40 ans d'histoire de la structure.
D'autres mesures, comme les aides aux migrations rurales, complètent le dispositif. "Des agriculteurs ont saisi cette opportunité pour s'installer dans le Sud-Ouest (Dordogne)". Sans oublier les dossiers de mutation professionnelle qui ont concerné quelque 2 000 agriculteurs et les incitations au départ des aides familiaux (700 en un an et demi).
Une installation pour deux départs
Puisque restructurer n'est pas seulement vider les campagnes, l'installation économique est encouragée. "La moitié des terres libérées allait à l'installation. En fait, il fallait 2 IVD pour une installation (15,92 ha en moyenne)."
Pour aller plus loin dans l'encadrement de l'installation, l'année 1976 voit la naissance de la DJA (15 500 euros de 2007 pour les 1ères DJA). Il faudra attendre 1988 pour que les conjoints puissent en bénéficier.
En 2008, l'Adasea fait les comptes de 40 ans de politique d'accompagnement : 28 500 cédants ont quitté l'agriculture avec une enveloppe pendant que 8 100 jeunes agriculteurs recevaient un appui financier à l'installation (1 installation pour 3,5 départs).
"Avec des années qui se suivent et ne se ressemblent pas", comme l'a souligné Hervé Le Saint, président de l'Adasea, "l'année 2007 marque une embellie avec 137 dossiers d'aides à l'installation agréés, après le plus mauvais cru de 2006 – 102 dossiers – depuis la mise en place des aides à l'installation".
Comment expliquer ce phénomène, s'interroge l'Adasea. "Est-il dû à une meilleure conjoncture en production laitière qui est la production dominante de notre département en nombres d'installations ? Est-il dû à des perspectives plus encourageantes ? Est-il dû à l'augmentation du nombre de départs en retraite ?". Autant de questions auxquelles, la profession n'a pas formellement de réponse. "Cette hausse sera-t-elle durable ou éphémère ? L'avenir nous le dira", conclut le président.
Didier Le Du
Photo : Hervé Le Saint (à gauche) a présidé l'assemblée de l'Adasea, structure qui, cette année, fête ses 40 d'existence sur le département.