
J'appréhendais de plus en plus le passage des laitières dans l'aire d'attente avant la traite" déclare Thierry. "Le béton rainuré devenait glissant. Dernièrement une vache est tombée, écartelée. Elle s'est rétablie et est retombée une dizaine de jours plus tard". Cette perte accidentelle a constitué un déclic. Thierry s'est décidé à refaire la partie bétonnée, de plus de vingt ans d'âge, (150 m2 environ), de l'aire d'attente, devenue dangereuse. "La solution la plus simple était d'effectuer un nouveau rainurage en croisement. Je craignais que ce ne soit pas suffisamment efficace". Casser le béton existant et en refaire un nouveau posait le problème de l'accès à la salle de traite pendant les travaux. "Sur les conseils du contrôleur laitier, je me suis intéressé au procédé du décapage thermique. Je suis allé voir un éleveur du secteur qui l'avait utilisé et qui en était satisfait".
6 à 10 euros par m2
Convaincu par la méthode, Thierry a donc opté pour cette solution réalisée par des professionnels qui assurent un service "clef en main". A une vitesse de 200 à 300 m2/ jour, le prestataire libère le chantier rapidement. L'exploitant a encore peu de recul mais les 70 laitières de l'élevage devraient apprécier le résultat. "Les graisses sont brûlées sur plusieurs millimètres. Le béton n'est plus glissant". Le service coûte entre 6,5 € et 10 €/m2 selon la superficie et la difficulté du chantier. Le prestataire considère que le travail est à refaire au bout de dix ans.
Le principe du décapage est le suivant: l'action thermique élimine la couche superficielle, fragile et peu adhérente du béton. Sous l'effet du choc thermique (3000 °C), les composants cristallins du béton se clivent et volent en éclats sur 2 à 5 millimètres. Simultanément la flamme brûle les huiles, graisses et autres agents chimiques éventuels incrustés en profondeur. L'eau est vaporisée, l'humidité évaporée et la surface mise à nu est rendue sèche. Un coup d'aspirateur et les lieux sont de nouveau disponibles.
Plusieurs utilisations possibles
Le décapage thermique est utilisé pour de nombreuses applications: décapage de peinture, de carrelage ou de pierre. Le procédé peut s'appliquer partout( (y compris sur caillebotis). Différents types de matériels ont été conçus afin de répondre aux diverses exigences de chantiers. La gamme s'étale de la buse à la tondeuse à béton en passant par le râteau. Cette diversité permet de décaper aussi bien les sols que les façades.
Bernard Laurent
Contact: Luc Papeta, société Tounet décapage à Ploërmel. 02 97 93 63 83
Bétons et caillebotis peuvent être décapés à raison de 200 à 300 m2 de surface, par jour.