
Un poulailler qui brûle, c'est toujours un coup dur", confie Eric Corbel de Glomel. En avril 2007, son poulailler de 1 100 m2, prêt à recevoir les poussins, a brûlé dans la nuit, à cause du dysfonctionnement d'un radiant à gaz. Un an après, un poulailler neuf va bientôt accueillir 22 000 à 25 000 poussins. Motivé par l'élevage de volailles, Eric avait repris cet élevage, il y a 15 ans et le menait en parallèle de son métier de salarié à mi-temps. "J'ai décidé de tout raser et de repartir, en construisant un bâtiment neuf, avec l'espoir qu'un enfant s'installe plus tard".
Passage en dynamique
Après quelques visites d'élevages, le choix s'est rapidement imposé. "L'ancien bâtiment était à ventilation statique avec lanterneau. Le passage en ventilation dynamique permet de produire du poulet lourd, en maîtrisant bien l'ambiance", explique l'éleveur. Le poulailler de type Colorado a été monté par Serupa, en panneaux Serwall de 50 mm et équipé de trappes en continu commandées par des tubes et drisses. L'isolation (toiture et côté) est classée "résistante au feu".
La ventilation dynamique avec 4 turbines de 40 000 m3/h et 5 ventilateurs de 12 300 m3/h, est coordonnée par une régulation Avistar. "Comme dans 9 poulaillers sur 10 destinés à produire du poulet, l'éleveur a choisi un chauffage par générateurs extérieurs à air pulsé. Fiables, sécurisants par rapport à l'assurance, ces générateurs consomment 20 à 30 % de moins que les radiants", souligne Michel Faucheur, de Matavicol.
Un coût de 162 euros/m2
Des chaînes d'alimentation Multibeck, des pipettes snap Corti et la brumisation haute pression, complètent l'équipement intérieur. Pour répondre aux critères de la Charte sanitaire, le bâtiment a été doté de 2 silos d'aliment, de carrelage dans le magasin et de dalles devant les portails. Il pourra produire du poulet mais également de la dinde, avec un suivi de traçabilité par PDA.
Groupe inclus, le montant des travaux avoisine 162 euros/m2, l'éleveur ayant réalisé quelques travaux personnels. Le premier lot (mi-mai) sera du poulet standard afin d'ajuster les réglages de la ventilation. Puis, ce seront des poulets Princior de 3,4 à 3,5 kg, pour le Gaevol. Dans ce groupement, les marges PA des 66 % meilleurs élevages atteignent 9,68 euros/m2/lot pour le Princior, soit 52,66 euros/m2/an.
Un marché "lourd"
Pour Christophe Chrétien, directeur du Gaevol, "la consommation globale de viande baisse et la tendance reste lourde sur le marché du poulet. Les vides sanitaires (autour de 15 jours) sont normaux pour la saison". Le nouvel abattoir de poulets lourds Boscher de Mur de Bretagne devrait entrer en service à partir du début juin. Compte tenu de l'augmentation de poids et de l'allongement des durées d'élevage, la part du Poulet Princior augmentera à l'avenir.
Pour la dinde, le marché est équilibré, bien qu'il y ait eu de nombreux arrêts, la consommation a baissé plus que celle de poulet. "L'augmentation du prix des matières premières a eu un impact plus important qu'en poulet, à cause de l'indice de consommation plus élevé, ce qui a fait progresser le prix de revient", souligne C. Chrétien. "La revalorisation des contrats, le travail technique réalisé sur l'alimentation et l'évolution des souches ont redonné confiance aux éleveurs qui sont plus sereins que l'an dernier".
Patrick Bégos
La maîtrise de l’ambiance a été un point clé dans les choix d’Éric Corbel.