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La flambée du prix des céréales touche de plein fouet la production porcine. Tous les élevages sont affectés, à commencer par ceux qui achètent leurs aliments.
40 centimes par kilo de charcutier Si l'on regarde le prix moyen des aliments du commerce, en tenant compte des différentes catégories d'aliments porcins (porcelets, engraissement croissance, finition, gestantes, allaitantes) en fonction d'un pourcentage d'utilisation type, on note une hausse de 100 € par tonne sur 18 mois. Cette hausse se traduit par une augmentation de 40 centimes par kilo de porc charcutier. (voir tableau) Sur une année mobile, la hausse est plus lissée, mais pour les clôtures du 4ème trimestre 2007, le prix moyen de l'aliment se situe à 216 € la tonne pour les exploitants qui achètent la totalité de leur aliment avec un écart type de 14 €. Par rapport aux clôtures du 4ème trimestre 2006 la hausse est de près de 50 €/ Tonne, soit 20 ct / kg net de charcutier.
Les « fafeurs » résistent mieuxLes éleveurs fabriquant leur aliment à la ferme ont une situation financière moins fragilisée. Un producteur ayant clôturé sa comptabilité en décembre 2007, aura en effet enregistré un prix moyen d’aliment qui intégrait du maïs 2006 en forte proportion et une partie du blé 2006 acheté sur des bases de prix bien moindre. Même pour les achats 2007, la majorité des approvisionnements se sont faits en tenant compte des prix payés par les coopératives à la récolte, sans tenir compte des spéculations ultérieures.
• Blé 2006 : 113 € / T € Blé 2007 : 186 € / T ( + 73 € / T ) • Maïs 2006 : 133 € / T €Maïs 2007 : 185 € / T ( + 52 € / T )
Et effectivement, quand on observe les prix matières des producteurs fafeurs ayant clôturé leur comptabilité au 31/12/2007, la différence est sensible ; Les producteurs ayant une fabrique totale atteignent un prix moyen d’aliment de 170 à 180 €/tonne. Le différentiel entre aliment complet et coût matière de l’aliment fabriqué s’est donc accru, notamment au cours de cette année de transition, en faveur des producteurs fabricants, compte tenu du décalage entre le stockage ( une partie de la récolte 2006 ) et la consommation.
L’enjeu du stockage à la récolteAujourd’hui, l’intérêt de la FAF demeure plus que jamais conditionné par les capacités de stockage à la récolte. En règle générale, l’éleveur achète sur les bases du prix moyen coopérative, augmenté de quelques centimes. C’est une procédure simple qui convient au plus grand nombre. La majorité des vendeurs de céréales vend également au prix à la récolte augmenté de compléments en fonction de la politique de sa coopérative. Depuis 2007, les coopératives proposent des contrats de prix ferme et définitif à leurs adhérents. Pour la récolte 2008, ce type de contrat semble séduire. Si cette façon de procéder se développe, les éleveurs fafeurs devront suivre la tendance avec les contraintes correspondantes : le risque commercial de perdre le fournisseur si le prix augmente fortement après la signature du contrat ; le risque financier si le prix évolue à la baisse. Un risque qui peut être annulé, par l’acquisition d’options payantes sur les marchés à terme. Mais cette façon de contractualiser demande beaucoup d'anticipation et de suivi des différents indicateurs des marchés, qu'il est difficile d’appréhender seul chez soi. Les éleveurs qui fabriquent en n’ayant pas la possibilité de stocker l’intégralité de leurs besoins en céréales perdent une partie de la rentabilité de leur FAF. Ils se retrouvent, comme les industriels, tributaires, partiellement, du marché et exposé à la volatilité du prix spot. A ce stade, le marché à terme peut permettre de réduire le risque mais il n’en demeure pas moins un outil complexe qui nécessite des arbitrages difficiles.
Noëlle Ravalec CER FRANCE Finistère
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