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Pour la finition des femelles : Maïs ensilage ou mash : peser le pour et le contre
 

Pour quelle ration opter afin de maximiser les performances de ses femelles en finition ? La station de Mauron (56) vient de se pencher la question, en comparant l'influence de deux régimes sur la croissance de 24 génisses Blondes d'Aquitaine (608 kg au début de l'essai, à 25-26 mois). Durant la phase de finition, les premières ont été nourries à l'aide d'un mash (mélanges de matières premières) distribué à volonté avec du foin. De leur côté, les secondes ont reçu une ration de maïs ensilage, complémentée par 1,5 kg de foin, 3,5 kg de blé aplati, 1,5 kg de tourteau de soja 48 et de l'aliment minéral. Soit une complémentation bien adaptée. Pour les génisses recevant du mash, était prévue une phase de transition de 5 semaines durant laquelle la quantité apportée augmentait de 1 à 2 kg par semaine. Par ailleurs, deux mash différents (le premier mettant l'accent sur les céréales, le second sur la pulpe de betterave) étaient comparés.

Performances identiques…

Autant de rations différentes qui n'ont, pour autant, pas entraîné de grandes variations chez les animaux. "Il n'a pas été observé de différences de conformation entre les deux régimes alimentaires. Quel que soit le lot, les carcasses se sont classées en moyenne R+/U=", explique Alain Guillaume, du pôle herbivores des Chambres d'agriculture de Bretagne. Quant à la note d'état d'engraissement (3=), elle n'a pas varié en fonction de l'alimentation. Par ailleurs, les deux types de mash n'ont pas entraîné de différence significative de performances (croissance, rendement, caractéristiques des carcasses, couleur et niveau de persillé de la viande).
En revanche, pour atteindre le poids de carcasse de 439 kg (soit 745 kg vifs pour le lot nourri au maïs et 726 pour les lots au mash), 11 jours de croissance supplémentaires ont été nécessaires pour les lots nourris au mash. Le GMQ de ces animaux a atteint en moyenne 970 g/j sur toute la durée de l'étude, contre 1248 pour le lot maïs. "Cet écart s'explique par la phase d'adaptation, plus lente, à ce régime, et par l'écart de contenu digestif lié à la différence de régime alimentaire, qui s'est traduit par un meilleur rendement en carcasse", commente Alain Guillaume.Conjugué au coût supérieur des rations mash, cet allongement de la durée de finition a généré un surcoût. La consommation journalière a en effet été identique quel que soit le régime (12 kg MS/j, malgré un rapport PDI/UFV supérieur de 17 points dans les lots mash). "Le surcoût des rations mash s'élève à 95 euros par génisse, même en intégrant la marge céréales (prix estimé : 180 euros/t) sur la surface libérée et en soustrayant les coûts de distribution du maïs et d'aplatissage du blé, chiffre Alain Guillaume. Elles sont donc à utiliser en priorité en complément des fourrages produits sur l'exploitation."

Mais praticités différentes

Cependant d'autres critères sont également à prendre en compte pour le choix du type de ration, à commencer par le temps que l'on souhaite consacrer à la préparation / distribution de l'alimentation. Le mash présente en effet le grand intérêt d'être complet et directement prêt à l'emploi. Plus besoin de laisser son silo ouvert, d'aller manipuler plusieurs matières premières... Pour de petits lots en particulier, la solution est intéressante. C'est, au final, une question de priorités.Anne-Laure Lussou

La solution "mash" apporte toute satisfaction à Alain Tual, de Caulnes (22), qui l’utilise pour ses génisses Blonde d'Aquitaine depuis 6 – 7 ans.

"Avec le mash, j'apprécie la différence"

Éleveur de Blondes d'Aquitaine, de porcs et de vaches laitières à Caulnes (22), Alain Tual distribue une ration à base de mash à ses génisses de race à viande depuis 6 – 7 ans. Son troupeau allaitant se compose de 35 mères blondes. Environ 7 femelles sont vendues chaque année en label, vers l'âge de trois ans. En finition, leur ration se compose d'herbe, de foin et de mash en été, ou bien de mash (jusqu'à 10-12 kg) et de paille en hiver. Une solution qui satisfait pleinement l'éleveur : "J'apprécie la différence par rapport à la ration précédente au maïs avec complément, témoigne-t-il. Le produit est tout préparé, prêt à être distribué, et les animaux sont plus calmes." Acheté auprès de Coop de Broons, le mash se compose d'un savant mélange d'issu de meunerie, de pulpe de betterave, d'orge laminée, de soja 48, de maïs laminé, de prémélange maïs-féverole, de tourteau de colza ainsi que d'un produit appelé "Nougalin" (graine de lin extrudée, graine de lin entière aplatie, huiles essentielles et plantes). En fin d'engraissement, le GMQ des animaux obtenu avec la ration actuelle atteint 1 000 à 1 200 g/jour. Des croissances qui permettent à l'éleveur de vendre ses animaux en moyenne à 447 kg de carcasse, en conformation U- et avec 2,86 de note d'état d'engraissement.   



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Date de l'article : semaine du N° du 16 au 22 Mai 2008
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La révolution rurale des années 60





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