
Fils d’un couple d’éleveur de Trébeurden, dans le Trégor costarmoricain, Antoine Le Coat est actuellement en 1ère année bac Pro au CFA de Pommerit-Jaudy. Alors que la plupart des jeunes se passionnent pour le matériel, il prend plus de plaisir autour des animaux. Ainsi il épluche les catalogues génétiques et fait des propositions pour les accouplements du troupeau familial . Mais pas seulement, il apprécie aussi les concours et surtout de préparer les animaux avant leur entrée sur le ring.
C’est ce que l’on appelle le clippage. Un terme qu’il n’affectionne pas particulièrement, lui préférant « la préparation des animaux en vue d’une présentation ». Il découvre la technique en accompagnant un voisin éleveur, Christian Le Barzic, sur un concours. « Tout de suite je me suis pris au jeu ». Il n’avait alors qu’une quinzaine d’années. De retour sur la ferme familiale il s’essaye. « J’ai emprunté le sèche-cheveux de ma mère et un peigne ». Au fil du temps, il se familiarise un peu plus à la technique, acquiert du matériel un peu plus adapté : peigne, tondeuse, sèche-cheveux plus puissant... « Avec l’argent que je gagne en faisant des remplacements ».
Observer et écouter
Repéré avec quelques autres jeunes du département, il bénéficie grâce au syndicat Armor Prim’Holstein, et à la Chambre d’agriculture, d’une semaine de formation en Belgique et participe à un championnat entre tous les stagiaires. « Trois jours d’observation et de travail en ateliers pour ensuite être mis en situation: clippage, présentation, jugement d’une section ». Satisfait de terminer 45ème sur 120 jeunes. Lors d’une autre formation, à l’école des jeunes clippers de l’Upra Prim’Holstein, il a terminé 3e ex æquo avec un autre Costarmoricain, Benoît Toquet. Et plus récemment a obtenu 17/20 en clippage lors du trophée des Lycées au cours du dernier salon de l’agriculture. En stage au Québec, il participe à un concours des jeunes ruraux. « J’ai beaucoup appris au contact d’un clipper professionnel ».
C’est dire si sa technique commence à être reconnue. Modeste, Antoine se défend d’être un spécialiste. Et estime avoir énormément à apprendre. « C’est au contact des éleveurs et des autres clippers que je peux encore progresser. Il faut savoir observer et toujours écouter les remarques ». Il sera dans quelques jours aux Terralies pour clipper des animaux, participer au concours des jeunes clippers et aux démonstrations. (voir encadré). « Toujours pour améliorer ma technique et rendre service aux éleveurs qu’il apprécie».
Pragmatique, il sait que la préparation pour un concours se fait évidemment bien plus en amont. « L’alimentation est essentielle pour amener l’animal dans les meilleures conditions. Cela ne s’acquiert pas en quelques heures, juste avant de passer sur le ring. Quant au clippage, ce n’est en fait que la touche finale qui va permettre de masquer un défaut, et surtout de mettre en valeur des qualités : les veines mammaires pour affirmer un caractère laitier, une tonte adéquate pour valoriser de bons membres, redresser les poils pour marquer la ligne de dos ». Réaliste, il conclut « Une mauvaise vache ne sera jamais une championne, même parfaitement préparée. On ne trompe pas un bon juge avec un clippage ».
Pierre Dénès
Antoine Le Coat présente l’une des génisses de l’exploitation qu’il a récemment préparée.
Concours de clippage aux Terralies
Dans le cadre des Terralies, salon de l’agriculture des Côtes d’Armor, les 30,31 mai et 1er juin, le syndicat Armor Prim’Hosltein organise un concours de clippage pour les jeunes le vendredi. Deux jeunes de trois Lycées agricoles du département (Kernilien, CFA Pommerit Jaudy et Lycée de la Ville Davy Quessoy) devront clipper chacun une vache. Un classement sera effectué par un jury composé de trois éleveurs. Il est prévu un lauréat individuel et un classement par Lycée. A noter par ailleurs que le samedi et le dimanche, une génisse sera clipper en public avec les commentaires du clipper et d’un éleveur.