
Une politique, issue de la concertation avec l'ensemble des acteurs du territoire, qui répond à l'enjeu d'indépendance et de sécurité alimentaire au sein de l'Union européenne, gage également d'une contribution aux équilibres mondiaux.
Quelles sont les priorités du Conseil général en matière d'agriculture?
Trois enjeux principaux orientent notre politique. Le premier d'entre eux concerne l'indépendance et la sécurité alimentaire. Il est étroitement lié à la préservation et à la qualité de notre potentiel de production. Pour y parvenir, le département souhaite maintenir à la fois sa politique en faveur de l'installation et les soutiens aux investissements: mise aux normes, irrigation, diversification ou modernisation des bâtiments d'élevage.
La préservation des équilibres des territoires ruraux et la protection de l'environnement sont les deux autres enjeux primordiaux.
Quelles sont justement les aides du département à l'installation ?
Le département poursuit son aide financière à l'installation par un complément à la dotation jeune agriculteur, accordée par l'Etat. Cette somme s'élève à 3 000 € et deux suppléments peuvent être accordés: 1 500 € lorsque le conjoint travaille sur l'exploitation et n'a pas bénéficié lui-même des aides et (ou) 1 500 € lorsqu'un salarié est embauché lors de l'installation. Nous examinons, par ailleurs, au cas par cas, les projets qui ne bénéficient pas des aides de l'Etat en vue de leur accorder une aide similaire.
Nous suivons également avec intérêt l'opération expérimentale menée dans quelques départements français et en particulier dans le Morbihan sur le nouveau parcours à l'installation.
Le maintien du potentiel de production implique de préserver le foncier agricole. La signature récente d'une charte de l'urbanisme suffira-t-elle à limiter la perte de terres ?
Les discussions engagées ont vocation à s'élargir puisque la charte vient seulement d'être diffusée auprès de toutes les collectivités. Un plan de communication va être mis en œuvre. Il me semble indispensable que le travail réalisé fasse l'objet d'échanges avec les élus chargés de l'urbanisme dans les communes, les techniciens instructeurs, les bureaux d'étude, les notaires et, bien entendu, les agriculteurs.
Cette charte sera-t-elle suffisante? En tout cas, il me paraît indispensable de sensibiliser l'ensemble des intervenants, de faire prendre conscience des enjeux, et que chacun prenne ses responsabilités.
La protection de l'environnement est en enjeu. Quelles sont les mesures privilégiées ?
L'intervention du département en matière de lutte contre les pollutions diffuses se poursuit en 2008, dans les domaines des contrats de bassin versant, des aides à l'acquisition de matériel performant et au transfert de sièges d'exploitation ainsi que du traitement des déjections animales. La collaboration engagée depuis 2003 avec la Chambre d'agriculture pour la mise en place d'un observatoire de l'azote est également reconduite.
Le nouveau programme régional de bassin versant intègre de nouveaux paramètres issus de la directive cadre sur l'eau. On assiste à un rééquilibrage des actions agricoles au profit des actions non agricoles (économies d'eau, sensibilisation des particuliers…).
Au niveau agricole, les actions individuelles à caractère démonstratif visant l'appropriation du changement des pratiques par les agriculteurs constituent la priorité du département.
Que fait le Conseil général en matière de politique énergétique ?
L'agriculture recèle un potentiel indéniable en matière de production d'énergie, qu'il convient d'encourager tout en gardant à l'esprit la priorité alimentaire. Une politique en faveur des énergies renouvelables va être développée, comme en témoigne la mise en place de la filière bois-énergie.
Quelques exploitations agricoles nous ont fait part de leur souhait de valoriser leurs effluents en installant une unité de méthanisation sur leurs élevages et le principe d'une aide départementale aux investissements a été voté.
La production d'électricité d'origine photovoltaïque intéresse de plus en plus d'agriculteurs. Compte tenu de l'accroissement des demandes et des montants financiers en jeu, le Conseil analyse actuellement ses possibilités d'action.
Propos recueillis par Bernard Laurent