
L a "semaine européenne d’action dans l’éducation", qui se déroule du 9 au 15 mai dans huit pays européens, s'est traduite au lycée du Nivot par une journée sur la coopération internationale. "L'objectif est de susciter l'envie auprès des jeunes à s'engager car ce sont les hommes qui font les territoires", a expliqué Philippe Pinot, directeur de l'établissement.
Aller voir ailleurs
Alors qu'il y a 20 ans les lycées agricoles incitaient les jeunes à "s'expatrier" à plus de 50 km de leur domicile pour effectuer leurs stages, aujourd'hui il n'y a plus de frontières. Dans un monde qui est défini de plus en plus comme un village planétaire, "l'ouverture à l'international est une priorité", ont répété tour à tour les personnes venues parler de leurs expériences à l'étranger.
Parmi les intervenants qui ont témoigné, des anciens élèves du Nivot. Comme Jean-François Saluden, installé comme agriculteur après avoir été responsable des pointeurs à l'Upra Prim'Holstein. "Depuis 1995, les échanges de génétique se sont accélérés. Aujourd'hui, la génétique est mondiale", a-t-il dit en faisant valoir l'intérêt de parler anglais – un petit message à l'intention des élèves qui jugent inutile de s'intéresser aux langues étrangères ! –. J.F. Saluden qui a fait des séjours plus ou moins longs dans "tous les pays d'Europe et en Amérique latine" s'est en effet félicité de maîtriser la langue commerciale internationale "pour discuter avec ses homologues des pays voisins".
Se faire une idée des réalités
Autre ancien du Nivot à plaider pour l'ouverture sur le monde : Jacques Edern, agriculteur, maire de Sibiril et conseiller général du canton de St-Pol-de-Léon. "Quand je me suis installé, j'ai fait un deal avec mon père : que je puisse voyager 3 mois par an". Un séisme mental au cœur de la zone légumière ! C'est ainsi que J. Edern qui, "depuis tout petit, a toujours rêvé de voyager" a parcouru le monde de 1987 à 2001. Et cette conclusion tirée de son expérience : "Aujourd'hui, nous vivons dans un petit monde. Si nous ne nous adaptons pas, nous mourrons", dit celui qui "ne voyage plus qu'un mois par an".
Reste que l'ouverture sur le monde n'est pas surtout un moyen de se faire peur. Au contraire. Celui qui voyage perçoit que la France a des atouts. Quatre jeunes de BTS du Nivot qui ont séjourné dans des exploitations laitières espagnoles en témoignent : "Les éleveurs ont un travail colossal à effectuer sur le plan de l'environnement". Ambroise Guellec, député européen, ne les contredit pas. "Si l'on considère les grandes régions agricoles de l'Europe, la Bretagne est à la première place : elle concentre à la fois les meilleurs atouts naturels et humains. Cela augure d'un avenir prometteur". Un message partagé par François Saint-Lagé, directeur-adjoint de Breiz Europe, qui parle "d'un dynamisme breton reconnu au-delà des frontières françaises".
Didier Le Du
Photo : De gauche à droite : François Saint-Lagé, directeur-adjoint de Breiz Europe ; Jean-François Saluden, agriculteur à Mespaul ; Jacques Edern, agriculteur et conseiller général du canton de St-Pol-de-Léon ; Ambroise Guellec, député européen.