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Poulaillers : Rénovation et brumisation une solution pour progresser
 
Des résultats de lots de poulets moyens, une maîtrise de la ventilation pas facile, pas de commodité dans les conditions de travail : ce sont quelques unes des raisons qui nous ont poussé à rénover deux poulaillers", confient Jeannine et Michel Dérout, de Melgven. "Notre décision s'appuie d'abord sur un raisonnement économique, conforté par la hausse du prix du gaz".    

30 à 35 % du coût du neuf

Les deux poulaillers les plus récents (1972 et 1980) ont été modifiés pour passer en ventilation dynamique, de type Colorado, un choix justifié par la production de poulets, qui nécessite une bonne capacité et une bonne maîtrise de la ventilation. La mise en place de turbines et de ventilateurs, de trappes Kan'air, d'une régulation Avistar, la réfection des côtés, des pignons et des portails ont été réalisées dans les deux poulaillers.
"Dans celui de 1 000 m2, j'ai refait, en plus, le magasin et monté une chaîne d'alimentation neuve, un silo supplémentaire et 2 chauffages aérothermes", précise l'éleveur. Enfin, une brumisation a été installée dans les deux bâtiments. Les investissements se sont élevés à 66 000 euros pour le poulailler de 1 500 m2 et 78 000 euros pour celui de 1 000 m2. Le coût global (144 000 euros) représente un investissement de 57,60 euros/m2, soit 30 à 35 % du coût du neuf.

Une brumisation haute pression

"J'ai profité des travaux pour équiper les deux poulaillers d'une brumisation haute pression. Ces dernières années, je n'ai pas eu de pertes de poulets, pour cause de chaleur excessive, peut être grâce à la brumisation basse pression installée, sous les jupes d'entrée d'air. J'ai monté un système à haute pression pour plus d'efficacité, de confort de travail et de maintien de la productivité", déclare l'éleveur. Les marges PA seront plus homogènes sur l'année.
"Cet investissement entre dans le cadre d'une opération du Groupe Doux, visant à aider 130 à 150 éleveurs du Grand Ouest, soit 15 à 20 % du parc", explique Serge Le Pottier, responsable régional du groupe. "Un appel d'offres a permis de retenir le Groupe Tuffigo, pour la fourniture et la pose des installations de brumisation haute pression". Le coût d'une installation se situe entre 5 000 et 6 000 euros pour un poulailler de type Colorado de 1 200 m2 (1 rampe). L'intégrateur apporte une aide de 1 430 euros par installation.    
De meilleurs résultats
"En plus du confort de travail, au niveau de l'alimentation, du réglage de la ventilation et du chauffage, nous avons observé très rapidement une amélioration des résultats techniques", confie Michel Dérout. Avant la rénovation, les marges PA étaient de 36 euros/m2/an. Actuellement, elles se situent dans le premier tiers avec 48,61 euros/m2/an.
"Ce gain de marge PA de 12 euros/m2/an est lié à l'amélioration des contrats mais aussi à un meilleur poids en fin de lot (gain de 165 g), à un meilleur indice de consommation (gain de 0,1 point), à une augmentation de viabilité (moins de pertes) et à une baisse du taux de saisie", explique Jean-Paul Le Roux, technicien de l'élevage.

Pérenniser l'outil

Sur 2 500 m2, ce gain de marge PA représente 30 000 euros/an. À cette augmentation, il faut ajouter une économie de gaz. Il est difficile de la chiffrer avec précision pour le moment, elle est estimée à 35-40%, voire plus, par l'éleveur. Il faut aussi ajouter l'économie sur les frais vétérinaires. Globalement, l'éleveur chiffre le retour sur investissements à 5-6 ans et apprécie l'amélioration des conditions de travail. Cela lui a redonné une nouvelle motivation.
Ces investissements permettront de pérenniser l'outil de production et peut être d'installer un jeune éleveur, Sylvain, le fils de Michel et Jeannine.  

Patrick Bégos

 

L'intérêt de la brumisation

En cas de chaleur excessive, il faut adopter une démarche globale. La première action consiste à augmenter la vitesse d'air pour se situer autour de 0,9 à 1 m/sec. Dès que la température extérieure dépasse 27 à 28 °C, la brumisation prend le relais en réduisant la température vécue par l'animal. L'installation fonctionne par cycles : par exemple 4 sec sur un cycle de 8 à 15 sec, jusqu'à 85 % d'humidité. "On peut ainsi descendre de 10 à 12 °C, au dessous de la température extérieure", précise Jean-Luc Martin (Tuffigo). "La brumisation permet également de maintenir une meilleure ambiance (hygrométrie), lors des démarrages des poussins, en été, tout en optimisant la densité. Lors des enlèvements de poulets, de jour et par temps chaud, elle apporte un confort de travail. Elle a d'autres avantages comme la possibilité de traiter les odeurs avec des huiles essentielles, dans les lots de canards". Certains éleveurs s'en servent aussi humidifier un bâtiment vide avant lavage (dindes), ou pour le désinfecter.

 

Photo : La diffusion d'une brume fine (en haut, à gauche) permet de réduire la température vécue par l'animal et d'optimiser les densités, l'été.  


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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 15 Mai 2008
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