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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Bovins Viande | Article n°8375 |
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Bovin : Une relation à cultiver pour gagner du temps
 
Contrairement à une idée reçue, les vaches traites par robot ne sont pas plus sauvages que leurs contemporaines passant deux fois en salle de traite. L'expérience montre que les troupeaux "robotisés" sont souvent d'un flegme déroutant. La raison ? Les éleveurs dispensés de traite passent souvent beaucoup de temps à déambuler entre leurs animaux.Cette observation de terrain rejoint les conclusions des différentes études conduites par l'Institut de l'élevage et l'Inra sur les facteurs de variation de la relation homme-animal en élevage bovin.

Mettre à profit des périodes sensibles

La peur de l'homme est variable d'un animal à l'autre, mais aussi d'une ferme à l'autre. Cette variabilité provient en grande partie de la relation entre l'éleveur et ses animaux. Inutile de faire un dessin. Celui qui use et abuse du bâton récolte la peur et la fuite. Celui qui y va en douceur est récompensé par la docilité.
Au-delà du comportement quotidien à l'égard des bovins, il est possible de mettre à profit des périodes sensibles de l'animal pour "l'apprivoiser".
Ainsi, le jeune âge est une période très importante pour le développement du jeune, son comportement et son réseau relationnel. Entre autres, entre 1 et 4 jours. "Les contacts tactiles et la distribution de nourriture par l'homme peu de temps après la naissance diminuent la distance de fuite, facilitent l'approche de l'homme, réduisent la peur et améliorent la docilité future de l'animal".
De même, le sevrage correspond à la rupture du lien social avec la mère en élevage allaitant. Cette déstabilisation de l'environnement social du veau favoriserait le développement de la relation avec l'homme. Ainsi, des veaux de 8 mois s'apprivoisent plus vite, immédiatement après la séparation avec leur mère que six semaines plus tard, ont montré les chercheurs.
La mise-bas semble une autre période sensible de la vie de la vache. Des expérimentations ont montré que, lorsqu'on approche les vaches laitières tout de suite après la mise-bas, en leur fournissant de la nourriture et en s'imprégnant du liquide amniotique, les animaux sont ensuite moins réactifs lors de leur mise en salle de traite. Néanmoins, cette pratique comporte des risques en élevage allaitant en raison de la protection du veau par la mère.

Récompenser l'animal

Lors d'opérations stressantes (parage, soins vétérinaires, insémination), la présence et le contact de l'éleveur familier semblent apaisants pour les vaches laitières. Des auteurs d'expérimentations ont également montré les effets bénéfiques des contacts doux durant l'intervention, ainsi que l'utilité de la distribution de nourriture en récompense après l'intervention.
Bref, dans tous les cas, le temps investi pour apprivoiser un animal se récupère au centuple lors des travaux d'élevage. Avec cette difficulté liée à l'augmentation de la taille des troupeaux : le contact quotidien avec les animaux est peu compatible avec la recherche du gain de temps, la réduction des astreintes et la diminution du temps passé avec les animaux. D'où l'intérêt de tirer profit des solutions peu consommatrices en temps (sélection génétique, contact durant les périodes sensibles, contention adaptée) pour construire une relation de confiance avec l'animal.

Didier Le Du

 

Un (mauvais) caractère héritable

La réactivité des bovins varie en fonction de leur race. Une plus faible distance de fuite est généralement observée chez les races à vocation laitière par rapport aux races à viande. Mais là aussi, tout dépend de l'éleveur…
Au sein d'une même race, l'héritabilité de la réaction des animaux vis-à-vis de l'homme a été démontrée (entre 0,2 et 0,4), de même que l'héritabilité du tempérament et de la docilité.
La sélection génétique des comportements est donc une solution pour diminuer la difficulté de manipulation des animaux, notamment dans le contexte des grands troupeaux où la présence de l'homme est réduite.
Aujourd'hui, les taureaux Prim'Holstein disposent tous d'une note de tempérament (évaluée sur le comportement de leurs filles). Par exemple, des taureaux comme Patur Ad et Short ont des filles nettement plus dociles que Stol Joc. On peut regretter que ce type de sélection ne soit pas encore effectif en races allaitantes.
Cependant, compte tenu des niveaux d'héritabilité, le choix de la paillette ne fait pas tout. Une grande part de la variabilité du comportement restant liée à des facteurs environnementaux.
 



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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 15 Mai 2008
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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