
Les agriculteurs veulent voir du concret mais aussi échanger avec les autres, sur les solutions pour implanter leurs cultures". Pour répondre à ces attentes, Arvalis organise deux colloques dans l'Ouest sur l'implantation des cultures, à La Jaillière, près de Nantes le 29 mai et à Rots, près de Caen, le 17 juin. A chaque fois, 4 ateliers sont organisés autour des techniques d’implantation, de leur impact sur la conduite des cultures et sur l’environnement, complétés par l’observation de profils de sols pour décider d’un travail profond. La journée se terminera par trois forums "Partage d’expériences", avec des témoignages d'agriculteurs.
Impact sur le sol
Jérôme Labreuche dirigera l’atelier "Impact des techniques de travail du sol sur l’environnement". Pour le responsable travail du sol à Arvalis, "La maîtrise des effets des pratiques agricoles sur l’environnement est au cœur des préoccupations de tous (agriculteurs, con-seillers, administration,…). Même si les « recettes toutes faites » n’ont pas leur place dans un raisonnement d’ensemble de l’exploitation, certains vantent les mérites d'une technique (labour, travail simplifié, semis direct,…) ou montrent du doigt telle autre. Il est nécessaire de faire le point objectivement sur le sujet".
Chaque technique présente des atouts mais aussi des points de vigilance, à gérer selon les milieux et les rotations. "Sur un exemple concret, nous montrerons les "plus" et les "moins" de chaque solution, sur le sol, (risques d’érosion), sur le rôle de la matière organique, sur la biodiversité (auxiliaires mais aussi ravageurs) et sur l’écoulement de l’eau et le transfert des engrais et des résidus de produits phytosanitaires. On comprendra mieux, à l’issue de l’atelier, pourquoi la prise en compte de tous ces effets, ne conduit pas à tout miser sur une technique de travail du sol plutôt qu’une autre".
Adventices et couverts végétaux
Ludovic Bonin, spécialiste du désherbage à Arvalis, est responsable de l’atelier "Savoir adapter la conduite des cultures". "Le passage du labour au travail simplifié a un impact sur les mauvaises herbes. Le fait de ne plus retourner la terre nécessite une gestion nouvelle du désherbage, puisqu'il n'y a plus d'enfouissement des graines par le labour". Les techniques de préparation superficielle du sol favorisent certaines adventices, selon les rotations et les types de sol. Le travail du sol a des effets indirects, en modifiant l’activité des herbicides et il convient d’adapter le choix des produits. Plusieurs solutions concrètes seront présentées aux visiteurs.
Les couverts végétaux ont un impact sur le désherbage. Tout dépend de la qualité du couvert, de son implantation, de sa nature, de sa destruction. Il faut bien comprendre qu’un système, quel qu’il soit, surtout si le travail du sol est limité, n’est pas généralisable à toutes les exploitations ; chaque technique a ses atouts et ses contraintes. Cet atelier fera le lien entre l’implantation et la protection de la culture, les visiteurs y trouveront les clés d’adaptation à leur situation.
Travail profond
Robert Trochard, technicien à la Jaillière, interviendra dans l’atelier "Travail profond : observer pour décider". "La décision de recourir à la charrue ou au décompacteur doit s’appuyer sur l’observation du sol ; pas besoin de creuser profond pour cela, la bêche est l’outil le plus adapté pour observer la structure du sol sur les 20-25 premiers centimètres". Après avoir caractérisé la structure de sol souhaitable pour chaque culture et estimé les pertes de rendement dans des sols tassés, les visiteurs seront confrontés à 4 types de profils plus ou moins favorables à l’installation du système racinaire du maïs dans un sol de limon sur schistes.
L’utilisation d’un décompacteur en remplacement de la charrue n'est pas toujours indispensable.Tout dépend de la culture à implanter et de l’état de la structure du sol. "En effet, les plantes ont besoin de suffisamment de porosité (mais pas trop) pour pouvoir développer leurs racines et s’alimenter correctement". Quel outil choisir ? Chacun a ses limites d’utilisation. La forme de la dent, du versoir, des ailettes, mais également l’écartement entre les dents, le dégagement sous le bâti ou les conditions d’humidité du sol lors du passage de l’outil ont un rôle déterminant sur le résultat agronomique. Le travail de trois outils sera présenté dans des fosses d’observation.
Bernard Gaillard
Arvalis
Photo : Le covercrop, un outil polyvalent à bien utiliser ; ici à la Jaillière, pour la préparation des terres à maïs, derrière un couvert de moutarde.