
Certes la question du classement des carcasses ne règlera pas le problème du prix du porc, mais le pire, en cette période difficile, serait de baisser la garde sur ce point", s'exprimait Paul Auffray, président d'Uniporc, lors de l'assemblée générale de la structure mercredi 23 à Ploufragan. Alors, pour quelle évolution opter : automatisation ? Maintien de la solution actuelle (sachant que 2007 a déjà été marqué par le passage, réussi, au référentiel de classification des carcasses TMP) ? Les responsables d'Uniporc proposent, pour l'heure, une solution intermédiaire, toujours dans cette même optique de maîtrise du coût de fonctionnement.
Cette dernière consiste en un classement des carcasses avec un sondage, au lieu de deux, avec le capteur gras maigre (CGM). D'après les calculs de l'Ifip, la même précision peut, en effet, être obtenue en supprimant une mesure d'épaisseur de gras. Un résultat qui découle de la meilleure homogénéité actuelle des carcasses (86 % d'entre elles se classaient, en 2007, dans la fourchette 80 - 102 kg). Proposée à Bruxelles, la technique est en attente de l'agrément de la Commission de gestion européenne. Uniporc espère pouvoir la mettre en place dès juillet.
Robots pas au point
Ce choix d'évolution fait suite aux résultats, visiblement moyennement con-cluants, des tests d'automatisation réalisés au sein de quatre abattoirs (Europig, Kermené, Cooperl Lamballe et Socopa Évron) sur 600 000 carcasses. "Ces résultats sont pour certains intéressants, pour d'autres plus inquiétants", commentait le directeur adjoint d'Uniporc Pascal Le Duot. Sur les trois machines expérimentées, deux d'entre elles (Autofom danois, VCS allemand) ont apporté des mesures différentes pour des carcasses identiques en fonction de l'abattoir. Un effet "milieu" qui interdit toute utilisation à plus grande échelle. Seule machine à apporter une unicité de classement, l'Image Meater, qui est aussi la moins chère, est donc envisageable. "Mais elle ne suffit pas", a poursuivi Pascal Le Duot. Des questions se posent toujours concernant certaines opérations que réalisent les techniciens, comme le sexage et la déviation des carcasses.
"Nous n'avons pas abandonné l'idée de modifier nos méthodes de classement, (…) mais nous n'accepterons pas de changement pour faire moins bien et sans apporter le niveau de garanties actuelles qui font que la transaction s'établit sur des bases de transparence et d'équité", concluait Paul Auffray, après avoir précisé que les discussions se poursuivent avec le constructeur de l'Image Meater. Uniporc espère proposer aux professionnels, d'ici deux ans, une solution "fiable en s'étant affranchi des nouvelles contraintes liées à la robotisation, et sans dégradation des services apportés aujourd'hui". Affaire à suivre.
Anne-Laure Lussou
Photo : Marcel Corman, Paul Auffray (président), Paul Pommeret (directeur) et Jean-Marc Robic (président de la commission technique) lors de l'AG d'Uniporc, mercredi 23 à Ploufragan.