
La Bretagne reste pour le moment relativement épargnée par la fièvre catarrhale. Un seul cas avéré en Ille et Vilaine. C’est donc avec une certaine impatience que la profession attend la mise en place du plan de vaccination. Les premières sont en cours dans les régions les plus touchées au Nord et à l’Est du territoire national, ainsi que dans le Sud-Ouest pour établir une zone tampon entre la zone touchée par le virus sérotype 1 (Espagnol) et le reste du pays concerné par le virus sérotype 8.
Le dispositif pour la Bretagne se précise aussi puisque les doses de vaccin seront disponibles au mois de juin pour les ovins et au mois de juillet pour les bovins en ce qui concerne le département d’Ille et Vilaine, et au mois d’août pour les trois autres départements. « L’organisation d’un plan adapté à la Bretagne est en cours de finalisation. Un plan élaboré par les GDS de Bretagne en accord avec les différents partenaires de l’administration, des représentants des vétérinaires et de la Chambre régionale d’agriculture » explique Jean-François Tréguer, le président de l’Union Bretonne.
Trois scénarios
Le plan pour la vaccination des ovins sera arrêté vers le 15 mai et celui pour les bovins vers le 15 juin. Patrick Le Provost directeur, souligne que différentes stratégies ont été élaborées en fonction de la situation épidémiologique de la Région au moment de la disponibilité du vaccin pour les bovins au 15 juin.
Ainsi dans le premier scénario, le moins favorable, s’il s’avère au 15 juin que la maladie prend de l’extension avec de nombreux foyers, le plan national sera appliqué, en débutant en juillet par la vaccination des bovins d’Ille-et-Vilaine, puis en août dans les trois autres départements.
Second scénario, seulement quelques cas disséminés sur toute la Région. Sera alors adoptée une stratégie de vaccination autour des foyers répertoriés pour tenter d’établir des zones tampons et contenir l’extension de la maladie.
Enfin, troisième scénario, pas ou peu foyers, ne dépassant pas la zone réglementée. La vaccination sera effectuée sur le département d’Ille et Vilaine et sur les cantons placés en zone réglementée. « Un barrage par une primo vaccination. Il faudra alors être assuré de disposer de nouvelles doses au moment de la seconde injection qui doit être opérée 21 jours après la première (+ ou – 2 jours) ».
Il s’agit pour les responsables d’adopter une stratégie la plus efficace en fonction de la situation au moment où le vaccin sera effectivement disponible. Reste le problème toujours épineux de l’acte de vaccination. La position des autorités françaises est encore aujourd’hui de maintenir le principe que l’acte doit être réalisé par un vétérinaire.
Les responsables restent sceptiques, ne voyant pas comment ils pourront disposer de moyens suffisants pour vacciner assez rapidement. « Or notre souhait et notre message est de vacciner vite et massivement », plaide Jean-François Tréguer. Tous les élus locaux des GDS vont d’ailleurs être mobilisés pour inciter tous les éleveurs à adhérer au dispositif. « La large vaccination, c’est la condition de la réussite », précise Thomas Aubineau, vétérinaire en charge du dossier FCO au niveau de la Bretagne.
Pierre Dénès
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Photo : Jean-François Tréguer, président de l’UBGDS, entouré de Patrick Le Provost, directeur (à gauche) et de Thomas Aubineau, vétérinaire en charge du dossier FCO.