
La validation des acquis de l’expérience (VAE) permet de faire reconnaître son expérience, afin d’obtenir un diplôme, un titre ou un certificat de qualification professionnelle. La VAE est un droit ouvert à tous : salariés (en CDI, CDD, intérimaires…), non salariés, demandeurs d’emploi, bénévoles... Et ce, quels que soient les diplômes précédemment obtenus ou le niveau de qualification. "La seule condition est de justifier d’une expérience professionnelle (salariée ou non, bénévole …) de 3 ans, en rapport avec le contenu de la certification envisagée", a précisé Typhaine Giguelay Thenet, chargée de la mission VAE au Gref de Bretagne.
Tout retranscrire dans un dossier
Lors de l'assemblée générale de la Fédération départementale (FD) des MFR d'Ille-et-Vilaine, elle a expliqué que la VAE remplace la VAP (validation des acquis professionnels) de 1992, qui elle, entraînait une reprise de formation. "Toujours possible, la VAP de 1985 permet quant à elle d'entrer dans un diplôme sans posséder le diplôme précédent requis". Les gens intéressés par la VAE peuvent dans un premier temps se rendre dans des "Pic" (ANPE, CIO…) et expliquer leurs objectifs et expériences. "L'accompagnement est ensuite important pour la rédaction du dossier", précise Typhaine Giguelay Thenet.
Nathalie Bordereau, directrice adjointe de la FDMFR 35, voit dans ce dispositif plusieurs intérêts. "Outre la valorisation des salariés, la VAE va permettre aux MFR de disposer de futurs responsables en quelques mois. Elle constitue par ailleurs une opportunité à saisir pour les MFR. Observons nos diplômes pour intégrer certains dans la VAE. Et demain, nous pourrons devenir accompagnateurs de candidats au dispositif".
Augmentation de salaire
En montant un dossier VAE en 2007, Fabienne Bec, monitrice à la MFR de Goven, avait différents objectifs : "Après 12 ans d'expérience professionnelle, je souhaitais savoir ce que je valais, remettre en cause mes pratiques et aussi évoluer dans mon salaire. J'ai obtenu une licence "Sciences de l'éducation" et une augmentation de 8%. Le coût de la validation a été pris en charge par ma MFR".
Le dossier a été monté en trois grandes parties : le parcours (formation, professionnel, extra professionnel), la description des missions au sein de la MFR et le listage des connaissances et compétences. "J'ai été aidée par une conseillère. Cela a représenté beaucoup de travail pendant l'été. Je suis ensuite passée devant un jury constitué de deux enseignants, deux professionnels et un membre permanent de la Faculté de Rennes 2".
Soizic Binois, secrétaire à la FRMFR de Bretagne, s'était renseignée sur la VAE au début de la mise en place, en 2002. Son dossier a également été monté avec l'aide d'une conseillère. "Il faut coller au référentiel du diplôme le plus possible", souligne-t-elle. "J'ai choisi de développer deux points : l'organisation de réunions et le suivi de dossiers administratifs. Lors du passage devant le jury de quatre personnes, des points très techniques ont été abordés : sur les logiciels, les outils de communication…"
La secrétaire, qui avait un Bac Pro à la base, a pu décrocher un BTS "Assistante de direction". Elle met aussi l'accent sur la quantité de travail à fournir. "C'est contraignant, car cela demande un retour en arrière et une remise en cause, mais c'est très valorisant", positive-t-elle.
Agnès Cussonneau
Photo : Typhaine Giguelay Thenet, chargée de la mission VAE au Gref de Bretagne (à gauche), et Nathalie Bordereau, directrice adjointe de la FDMFR 35.