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La castration des porcelets sans anesthésie est déjà interdite en Norvège et le sera en Suisse à partir du 1er janvier 2009. Et l’on peut penser que progressivement la mesure s’étendra à l’Union. Du moins lorsque seront trouvées des solutions alternatives efficaces et applicables par les éleveurs. Ce qui ne semble pas encore le cas. Cette mesure aurait paru pour le moins incongrue voilà 15 ou 20 ans. Elle serait aujourd’hui subie par les éleveurs faute d’être acceptée. Les images de la réalité des élevages et le manque de communication entre le monde agricole et le public ont contribué à faire avancer l’idée du bien-être animal. Jusqu’à présent rappelait Florence Burgat*, philosophe à l’Inra et travaillant sur les questions de bien-être animal, l’usage était de considérer que « seuls les êtres de raison ont des droits et qu’il n’y a pas de droits sans devoirs ». Dans ces conditions, les animaux sont donc exclus de la sphère morale et juridique. Cette appréciation évolue. La plupart des juristes souhaitent voir créer entre les personnes et les biens, une catégorie spéciale pour les animaux. D’autres chercheurs de l’Inra essayent alors de quantifier ce qu’est le bien-être pour objectiver la chose. Ils mesurent le stress des animaux d’élevage à partir d’un certain nombre de critères physiques et physiologiques. Mais cette approche ne satisfait pas totalement les défenseurs du bien-être qui y ajoutent une approche « morale » différente de l’approche purement scientifique. Toutes les productions animales sont aujourd’hui concernées par le bien-être. Les actions de certains extrémistes défenseurs de la cause animale, à coup de vidéos choquantes ne font pas avancer la cause. Pourtant, il est satisfaisant de constater que certaines productions ont réussi à améliorer les conditions d’élevage sans entamer la productivité. Et c’est bon aussi pour le bien-être de l’éleveur.*Le Monde du 6 mai 2007
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