
La création du GFA (groupement foncier agricole) de la Tertraie est l'aboutissement d'un parcours du combattant pour l'installation" déclare Hervé Trémoureux. Après une recherche active d'une petite exploitation pendant plusieurs mois, les époux Trémoureux ont jeté leur dévolu sur une structure de 32 hectares à Lanouée en 1997. Proposée à la vente par la Sbafer, la ferme était convoitée par plusieurs voisins. "Nous n'avions pas les moyens de l'acheter. Nous connaissions cependant la problématique d'accès au foncier. Avec l'appui d'une conseillère juridique, nous avons très vite tenté de créer un GFA". Restait à convaincre des futurs associés d'engager du capital.
300 personnes ou familles, "des connaissances", sont rapidement contactées. Trois semaines après la décision de créer un GFA, une première réunion regroupe une centaine de personnes intéressées par le projet. "A l'issue de la réunion, nous avions une promesse de fonds de 450 000 Francs. Le président départemental de la Sbafer, invité pour l'occasion, a compris l'engouement autour du projet. Il a été convaincu" poursuit Hervé en souriant. Les 170 000 francs complémentaires, nécessaires au paiement de la totalité des terres sont recueillis en contactant d'au-tres personnes. Les 169 associés se partagent, alors, les 6200 parts (à 100 Francs) du capital du groupement foncier. Le GFA loue, depuis, les terres à la SCEA de la Tertraie dont les deux seuls associés sont Hervé et Cathy. "Sur les trente-deux hectares, nous en avons laissé 5 à un voisin pour qu'il puisse consolider sa propre exploitation".
Des clients de l'entreprise dans le capital du GFA
Le matériel, les bâtiments et le cheptel ont été financés par apport personnel et par emprunt bancaire. L'entreprise (SCEA de la Tertraie), dont l'activité est basée sur la vente directe de produits fermiers, est aujourd'hui en vitesse de croisière. Dix ans après la création du GFA, les associés ne sont plus qu'au nombre de 121. "Nous avons demandé aux petits porteurs de céder leurs parts en raison des lourdeurs administratives. Par contre, de nouveaux associés sont entrés dans le capital. Ces nouveaux sont des gens du coin ou des consommateurs de nos produits" se réjouit Cathy. Les époux Trémoureux, eux aussi associés du GFA, ne souhaitent pas acquérir de nouvelles parts. "Il est préférable que les terres appartiennent au moins en partie au consommateur. Ainsi, lorsque nous partirons, l'entreprise sera transmissible en l'état, sans souci du foncier pour le repreneur" poursuit Hervé en pensant déjà à l'avenir. Pour le moment, les époux Trémoureux proposent de céder 2 ou 3 hectares à un jeune motivé par le maraîchage. "Nous avons suffisamment d'activité pour subvenir aux besoins de la famille. Nous sommes bien placés pour connaître les problèmes des jeunes qui veulent créer leur entreprise. La cession d'une parcelle de bonne terre permettra à un jeune de s'épanouir". Un bel exemple d'altruisme dans le monde agricole.
Bernard Laurent
Photo : Jean Le quintrec, associé-gérant, Hervé et Cathy Trémoureux et Véronique Conan, associée-gérante
Des clients de l'entreprise dans le capital du GFA
Le matériel, les bâtiments et le cheptel ont été financés par apport personnel et par emprunt bancaire. L'entreprise (SCEA de la Tertraie), dont l'activité est basée sur la vente directe de produits fermiers, est aujourd'hui en vitesse de croisière. Dix ans après la création du GFA, les associés ne sont plus qu'au nombre de 121. "Nous avons demandé aux petits porteurs de céder leurs parts en raison des lourdeurs administratives. Par contre, de nouveaux associés sont entrés dans le capital. Ces nouveaux sont des gens du coin ou des consommateurs de nos produits" se réjouit Cathy. Les époux Trémoureux, eux aussi associés du GFA, ne souhaitent pas acquérir de nouvelles parts. "Il est préférable que les terres appartiennent au moins en partie au consommateur. Ainsi, lorsque nous partirons, l'entreprise sera transmissible en l'état, sans souci du foncier pour le repreneur" poursuit Hervé en pensant déjà à l'avenir. Pour le moment, les époux Trémoureux proposent de céder 2 ou 3 hectares à un jeune motivé par le maraîchage. "Nous avons suffisamment d'activité pour subvenir aux besoins de la famille. Nous sommes bien placés pour connaître les problèmes des jeunes qui veulent créer leur entreprise. La cession d'une parcelle de bonne terre permettra à un jeune de s'épanouir". Un bel exemple d'altruisme dans le monde agricole.
Bernard Laurent