
N otre agriculture devra donner priorité aux économies d'énergie, à partir d'un examen rapide des pratiques et des consommations. Cette approche bilan/diagnostic, dont la Chambre d'agriculture a l'expérience, doit être encouragée au plus vite", ont insisté les élus de la Chambre d'agriculture, en session le 11 avril à Rennes. L'enjeu est double : non seulement les agriculteurs pourront identifier les efforts à accomplir, mais ces diagnostics permettront aussi de mesurer collectivement les progrès réalisés.
"400 "Bilans Planète" ont déjà été réalisés en Bretagne, montrant des variations de consommation énergétique allant du simple au double. Le Grenelle demande que 100 000 diagnostics d'exploitation préalables aux aides soient réalisés. En Bretagne, l'objectif est de 500 par an. Le diagnostic simplifié "Agri énergie" (1/2 journée) pourrait être utilisé".
Les économies concerneront le carburant. "Le Banc Aile interrégional Cuma a déjà testé plus de 6 000 tracteurs au total", rappelle Gilles Guillomon. "Des améliorations peuvent porter sur l'adéquation au besoin de puissance, la conduite et les échanges parcellaires". Des économies dans les serres, dans les bâtiments bovins (pré refroidisseurs, récupérateurs de chaleur…), en porcs et volailles (échangeurs thermiques…), dans le retour au sol des produits organiques (légumineuses, systèmes économes en intrants) vont être poursuivies. "L'approche du GIE Terre-Eau a du sens avec l'utilisation directe de l'engrais organique", soulève le responsable.
Energie "territoriale"
En deuxième lieu, les élus proposent d'engager l'agriculture aux côtés des collectivités locales pour favoriser la production d'énergie "territoriale" : méthanisation, valorisation du bocage. "Pour ces deux énergies, un marché local est à organiser en partenariat. Sur la méthanisation, l'appui des collectivités est attendu, du local au régional. Des simplifications administratives également". Aux yeux de Patrick Besnard, élu Confédération Paysanne, "la mise en place des filières bois doit être en adéquation avec les bassins boisés pour réduire les transports. Les producteurs de plaquettes vont par ailleurs vendre des kWh. La station des Cormiers doit continuer à travailler sur la corrélation entre le bois et la production d'énergie".
Le troisième volet entend faire contribuer l'agriculture à la production d'énergie renouvelable, en utilisant de façon rationnelle ses surfaces : panneaux photovoltaïques sur les bâtiments, éoliennes sur certaines parcelles. Les agriculteurs se demandent toutefois si le dispositif d'incitation en photovoltaïque sera maintenu après 2009. Par contre, l'énergie culture n'est pas une priorité pour la Bretagne.
Conserver des hectares agricoles productifs
Dans les débats, "n'oublions pas que la photosynthèse est le premier moteur à l'énergie solaire de l'agriculture pour répondre aux besoins alimentaires", expose Gilles Guillomon. "Dès lors, éviter d'aller consommer des surfaces forestières en conservant des hectares agricoles productifs est un élément important de la lutte contre le changement climatique". Nelly Le Corre-Gabens, responsable du service agronomie et environnement de l'APCA (Assemblée Permanente des Chambres d'agriculture), souligne l'importance de prendre en compte les "Bilans carbone" dès maintenant. "Ils seront de plus en plus présents sur les étiquetages".
Les professionnels n'oublient pas non plus de rappeler que "si l'agriculture consomme 7% de l'énergie en Bretagne, sa quote-part dans la richesse produite est plus de trois fois supérieure". "Le Grenelle de l'environnement concerne de nombreux domaines autres que l'agriculture tels que l'habitat, le transport, l'urbanisme", Nelly Le Corre-Gabens.
Agnès Cussonneau
Photo : Gilles Guillomon et Nelly Le Corre-Gabens, responsable du service agronomie et environnement de l'APCA.
Energie "territoriale"
En deuxième lieu, les élus proposent d'engager l'agriculture aux côtés des collectivités locales pour favoriser la production d'énergie "territoriale" : méthanisation, valorisation du bocage. "Pour ces deux énergies, un marché local est à organiser en partenariat. Sur la méthanisation, l'appui des collectivités est attendu, du local au régional. Des simplifications administratives également". Aux yeux de Patrick Besnard, élu Confédération Paysanne, "la mise en place des filières bois doit être en adéquation avec les bassins boisés pour réduire les transports. Les producteurs de plaquettes vont par ailleurs vendre des kWh. La station des Cormiers doit continuer à travailler sur la corrélation entre le bois et la production d'énergie".
Le troisième volet entend faire contribuer l'agriculture à la production d'énergie renouvelable, en utilisant de façon rationnelle ses surfaces : panneaux photovoltaïques sur les bâtiments, éoliennes sur certaines parcelles. Les agriculteurs se demandent toutefois si le dispositif d'incitation en photovoltaïque sera maintenu après 2009. Par contre, l'énergie culture n'est pas une priorité pour la Bretagne.
Conserver des hectares agricoles productifs
Dans les débats, "n'oublions pas que la photosynthèse est le premier moteur à l'énergie solaire de l'agriculture pour répondre aux besoins alimentaires", expose Gilles Guillomon. "Dès lors, éviter d'aller consommer des surfaces forestières en conservant des hectares agricoles productifs est un élément important de la lutte contre le changement climatique". Nelly Le Corre-Gabens, responsable du service agronomie et environnement de l'APCA (Assemblée Permanente des Chambres d'agriculture), souligne l'importance de prendre en compte les "Bilans carbone" dès maintenant. "Ils seront de plus en plus présents sur les étiquetages".
Les professionnels n'oublient pas non plus de rappeler que "si l'agriculture consomme 7% de l'énergie en Bretagne, sa quote-part dans la richesse produite est plus de trois fois supérieure". "Le Grenelle de l'environnement concerne de nombreux domaines autres que l'agriculture tels que l'habitat, le transport, l'urbanisme", Nelly Le Corre-Gabens.
Agnès Cussonneau